Mon dernier coup de coeur
MOUNTAIN PATROLSynopsis : Pour empêcher le massacre des dernières antilopes du Tibet, une patrouille de volontaires part à la recherche d’un gang de braconniers sur les plateaux du Kekexili. Une poursuite impitoyable s’engage entre les deux groupes dans des conditions extrêmes, à 5000 mètres d’altitude
Chasse à l'homme...
Là-bas, pas de demi-mesure, on se tire dessus au fusil de chasse… Sur les hauts plateaux du Kekexili, province du Tibet, dans des altitudes qui avoisinent les 5000 mètres, battues par des vents glacés, on survit comme on peut : en chassant le gibier et en éliminant, au besoin, les obstacles qui vous barrent le passage. Dans ce vaste enclos de nature aux conditions extrêmes, vit une espèce en voie de disparition : les antilopes, très prisées pour leur précieuse fourrure. Les braconniers en tuent par milliers chaque année, au point qu'il ne reste plus, aujourd'hui, que 40 000 bêtes environ, sur le million que comptait la région. Des volontaires se sont alors mobilisés pour mettre un terme à ce carnage et ont constitué une unité de patrouille, dont la mission est de poursuivre et de dissuader les auteurs de ces méfaits.
Kekexili, la patrouille sauvage, contrairement aux apparences, n'est pas un documentaire écologiste, du moins pas seulement. Même si le cinéaste a cherché à reconstituer des scènes réelles, il a largement "fictionné" son film, en lui donnant presque la dimension d'un polar. Nous assistons à une lutte effrénée, rendue d'autant plus rude par l'inhospitalité des lieux. Des hommes s'affrontent, certes, dans ce décor fascinant du grand nord tibétain - une sorte de Far West semi-polaire - mais l'on sent également vibrer l'humanité qui unit les individus lorsque leur vie est en danger. Ce film est donc, à la fois une curiosité géographique, qui permet d'admirer les paysages grandioses de ces lointaines contrées septentrionales, et le témoignage d'une civilisation, si différente de la nôtre. Et pourtant…
C'est aussi, et surtout, une vraie leçon d'humilité, de courage et d'abnégation pour sauver la nature, la respecter, la protéger, face aux démons de la cupidité qui, eux, n'ont pas de frontières. Bonne nouvelle pour les défenseurs des antilopes et autres animaux menacés : le Kekexili a été officiellement décrété "réserve naturelle" par les autorités chinoises. De là à se demander si Lu Chan a voulu faire de son histoire une métaphore de la politique agressive de la Chine envers le Tibet, ce dernier répond… qu'il n'a pas le droit de répondre. Cela se passe de commentaire !
Critique de Laurence Berger
A voir pour les amateurs du genre!