CISSE A LYON : A 99%
En marge de l'équipe de France, Djibril Cissé dévoile qu'il devrait quitter Liverpool. L'OM, le PSG et surtout Lyon l'ont contacté. En froid avec Benitez, l'attaquant veut régler sa situation avant la Coupe du monde. Mais son choix semble déjà porté sur l'OL où il retrouverait Wiltord et Houllier.
DJIBRIL CISSE, avez-vous réglé votre situation en club comme l'avait demandé Raymond Domenech ?D.C. : Non. Mais ce serait pas mal que ça se fasse rapidement. Je ne voudrais pas que ça dure trop longtemps et que l'équipe de France en pâtisse. Ce serait bien que ce soit réglé avant le début de la Coupe du monde. Ce serait un manque de respect vis-à-vis de l'équipe de France. On est là pour préparer un événement important. On a galéré pour se qualifier, ce serait bête de gâcher tout ça parce que je ne suis pas concentré à 100 % avec le groupe.
Ça veut dire que vous allez quitter Liverpool ?D.C. : (Hésitant) Je pense que ce sera dur de jouer à Liverpool la saison prochaine. C'était déjà dur cette année mais, avec le recrutement, ce le sera encore plus. Il faut savoir être réaliste. Mais un prêt, pourquoi pas. A Liverpool, je me sens vraiment bien. Il n'y a qu'au coach que je ne plais pas sûrement. Il ne doit pas être satisfait de moi. Mais c'est son droit. On ne peut pas plaire à tout le monde. Mais il va falloir faire quelque chose parce que j'ai vécu une saison assez difficile et je n'en passerai pas une deuxième comme celle-là.
Quelle relation avez-vous avec Rafael Benitez ?D.C. : Il n'y a rien. On s'entraîne et on rentre. Il n'y a pas trop de dialogue. En revanche, j'ai eu quelques joueurs au téléphone. Quand je leur dit que je vais peut-être partir, ils sont déçus. Après, je ne sais pas si c'est sincère. Mais on sent qu'il y a un peu de déception. Mais c'est Monsieur Benitez qui décide. S'il décide de ne pas me garder, je partirai.
On peut envisager un retour en France ?D.C. : C'est possible mais il va falloir faire des sacrifices financiers. Et, pour rebondir, je suis prêt à faire des sacrifices. Parce que je viens quand même de passer une saison de m...
A l'OM, par exemple ?D.C. : Non... Je me suis déjà fait avoir une fois. Tout le monde sait que Marseille est un club qui m'est cher mais il y en a d'autres. Au mercato d'hiver, il y avait déjà eu des contacts. Liverpool avait refusé. Sur mon site internet, il y avait beaucoup de réactions de fans de Marseille qui pensaient que c'était moi qui ne voulait pas venir. Mais ça n'est pas du tout ça. Liverpool a refusé comme ils avaient refusé Tottenham. Mais il y a d'autres clubs. Il y a aussi Marseille et Paris... si je pars de Liverpool. Car je le répète, je ne suis pas encore parti. Il me reste encore trois ans de contrat.
Le fait que Wiltord ait prolongé à Lyon, c'est argument en faveur de Lyon ?D.C. : Oui, ça m'attire un petit peu plus... En plus, il y a la Ligue des Champions. C'est toujours bien de se montrer sur la scène européenne. Ça n'est pas une condition "sine qua non" mais ce serait quand même mieux. C'est vrai que Lyon a l'air plus stable mais c'est le coeur qui parle donc c'est difficile.
A Lyon, vous retrouveriez un entraîneur qui vous fait confiance en la personne de Gérard Houllier...D.C. : C'est ça le problème. Moi, c'est Gérard Houllier qui m'a fait venir à Liverpool mais je n'ai pas eu la chance de travailler avec lui. Ensuite, le coach qui est arrivé ne me voulait pas ou en tout cas il ne m'a pas recruté. Donc je suis passé à l'arrière-plan. J'ai été mis de côté car il ne m'avait pas choisi. Il fallait qu'il justifie ses choix. Mais je reste persuadé que le départ de M. Houllier m'a fait du mal.
On l'impression que vous avez déjà choisi Lyon, non ?D.C. : (Il sourit) No comment.
Cette situation vous pèse ?D.C. : C'est lourd. C'est ch... de ne pas savoir où tu seras après la Coupe du monde. C'est quand même long à concrétiser un transfert. Il faut déménager et tout ça. Ma femme a un petit garçon de onze ans donc il faut penser à ça aussi. Il est anglais donc, s'il faut rentrer en France, il faut y penser. Il faut s'adapter. Ça ne se fait pas comme ça. Il faut que j'ai le temps de me retourner. C'est pour ça que j'aimerais que ça se fasse vite.
Vous parliez également du PSG. C'est un contact ou une envie ?D.C. : C'est un contact. Une envie... Etant Marseillais, c'est dur. Mais on ne sait jamais.
La piste Tottenham est-elle toujours d'actualité ?D.C. : Non, ils viennent d'acheter Berbatov donc ce serait suicidaire d'aller là-bas.
Après l'accueil du public du Stade de France face au Mexique, vous ne redoutez pas un retour en France ?D.C. : Moi, ça me transcende. Je n'ai jamais vu ça en Angleterre. Même à l'extérieur. Donc ça me fait bizarre. Peut-être que ça arrive plus souvent en France. Comme Ribéry, le public m'avait réclamé lors de ma première sélection et aujourd'hui il me siffle. J'ai suivi le débat sur ma présence en équipe de France. C'est difficile à accepter. Mais je ne jouais pas beaucoup à Liverpool donc c'est normal que les gens se posaient des questions. Comme je l'ai toujours dit, il y a une hiérarchie en équipe de France : Titi (Henry) et David (Trezeguet) sont devant. Après, il faut se battre pour être le 3e. Il y a des joueurs qui sont en place. Mais ça ne veut pas dire que je laisse tomber.
Vous avez pourtant marquez des buts importants chez les Bleus. Le public a-t-il la mémoire courte ?D.C. : Non. Dans ma tête, je sais où je me situe. Je sais que je dois prouver à chaque match même si j'ai marqué des buts importants en équipe de France. C'est vrai que j'ai terminé meilleur buteur des éliminatoires en Bleu mais je ne m'arrête pas à ça. Je dois toujours prouver et toujours marquer... sinon les gens oublient.
Qu'avez-vous pensé de votre association avec David Trezeguet ?D.C. : On est assez content. Il n'y a pas trop eu d'échange entre David et moi mais, pour le peu de temps qu'on a joué ensemble, ça s'est bien passé. Moi, je suis plus à l'aise en pointe mais je m'adapte. Par rapport à Liverpool, j'ai une position plus axiale en équipe de France donc ça me va. A droite, déborder et centrer, ça ne me va pas. Vous savez tous que ça n'est pas moi. Mais je ne fais plus la fine bouche.