Fernando Alonso a décroché samedi la pole du GP d'Espagne en présence de 120.000 fans en liesse. Giancarlo Fisichella a glissé l'autre Renault devant les Ferrari de Michael Schumacher et Felipe Massa. Pour sa deuxième séance de qualification, Franck Montagny (Super Aguri) n'a pu faire de miracle.
Ils n'ont vu que du bleu... et du jaune ! En décrochant la pole position, la première de sa carrière sur le circuit catalan, Fernando Alonso a donné le tournis aux spectateurs venus par milliers mais aussi à ses rivaux. 1:14.648 c'est le nouveau record de la piste établi par Fernando Alonso, c'est un temps canon qui lui permettra demain de partir en pole, devant son équipier Giancarlo Fisichella et les Ferrari de Michael Schumacher et Felipe Massa.
Les deux écuries les plus en vue depuis le début de la saison ont, à nouveau, dominé les débats à l'occasion de ce sixième rendez-vous chronométré de la saison. Renault / Ferrari; Michelin / Bridgestone: les contours de la saison 2006 se dessinent. Mais plutôt que de se projeter sur les prochaines saisons, Fernando Alonso profite pleinement du présent:" J'éprouve évidemment un sentiment particulier. C'est ma première pole, ici, et impossible de ne pas voir ces tribunes archi combles. Je n'aurai pas plus de pression, non! Mais une motivation décuplée. Et je crois que nous pouvons gagner".
Tour d'honneurSon tour de décélération a pris des allures de tour d'honneur, à l'image du torero faisant le tour de l'arène, sous les "viva" de la foule. "Ce que je retiens, c'est le spectacle que nous avons offert. Nous nous sommes tous bien amusés. Ici la F1 c'est un peu nouveau". Ce qui l'est moins c'est la capacité de Renault à demeurer en haut des feuilles de temps. Et cette fois, le champion du monde n'est pas seul aux avant-postes. Giancarlo Fisichella son équipier a signé le deuxième temps et partira en première ligne." Voilà un très bon résultat, souligne le pilote italien. Mais soyons clairs, poursuit Fisichella, la bataille sera rude. Ferrari a terriblement progressé. C'est un adversaire de grande qualité. Et ce n'est que le début de la saison".
Si la satisfaction est de mise dans le camp Renault, on ne néglige pas pour autant, les monoplaces rouges de Michael .Schumacher et Felipe Massa. "Les temps sont très proches", constate Alonso. Michael Schumacher nous a mis la pression, en s'imposant lors des deux dernières courses. Il faudra être constant dans nos performances. Le suspens pourrait donc bien durer 66 tours. Les Ferrari partent en deuxième ligne. Et au vu des chronos excellents réalisés, depuis hier, par Schumacher et Massa, les pilotes Renault risquent d'avoir souvent un oeil dans le rétro. " Maintenant la stratégie va être déterminante, remarque Michael Schumacher. Nous sommes à notre place. Je suis satisfait d'autant que je pars du bon côté de la piste".
Montoya, emporté par le fuelFort de ces deux derniers succès consécutifs, le septuple champion du monde est en confiance, d'autant que sa monoplace a retrouvé son allant et qu'il dispose en Felipe Massa d'un équipier rapide et incisif. Un véritable allié pour aller taquiner les Renault. Ce quatuor a donc des allures de carré d'as. Et l'on imagine guère Räikkönen, prétendant déclaré au titre mondial, venir s'immiscer dans la bataille. Relégué à la neuvième place sur la grille, le Finlandais devra encore s'arracher pour compenser les faiblesses d'une monoplace qui ne lui permet pas pour l'instant de jouer les premiers rôles. Et chez McLaren on semble bien fébrile. Montoya n'a pu entrer dans la dernière partie des qualifications, en raison d'un raté incroyable de l'écurie. Le colombien n'a pu enchaîner un deuxième tour chrono, lors de la deuxième session de la qualification. Il a été rappelé au stand par l'écurie: il ne disposait pas d'assez d'essence pour finir une seconde boucle. Et à voir la mine déconfite de Ron Dennis au terme de la qualification, l'on se dit que le beau n'est manifestement pas gage d'efficacité!
StratégieEt sur la piste catalane, les Honda ont à nouveau pointé le bout du museau avec un Rubens Barrichello retrouvé. Il a signé le cinquième temps. Il devance l'autre écurie japonaise, Toyota. Ralf Schumacher 6e et Jarno Trulli 7e, se souviennent sans doute que, l'an passé ici même, ils avaient signé un très bon résultat avec la 3e place pour l'Italien et la 4e pour le pilote allemand. Ce 6e Grand Prix qui marque le tiers de la saison ne devrait, en toute logique, échapper à Renault ou Ferrari. Alonso y cherchera le triomphe, Schumacher un 7e succès en terre espagnole.
"La stratégie sera essentielle, ont précisé les deux hommes en conférence de presse. Mais nul doute qu'Alonso sera difficile à battre. "Je connais ce circuit par coeur, confie l'actuel champion du monde. J'ai fait tant de kilomètres, ici, devant des tribunes vides que je suis prêt à en faire 66 de plus... devant mon public. En tête de la course. Pour un triomphe !