Le congrès 3GSM de la téléphonie mobile réunit de lundi à jeudi à Barcelone plus de 600 entreprises du monde entier et permettra d'évaluer les prouesses technologiques de la 3G entre vidéo, musique et internet tout en s'intéressant aux nouveaux marchés à conquérir.

Même si, quatre ans après son lancement en Asie et un an après son lancement en Europe, la téléphonie de 3e génération (3G ou UMTS) reste marginale (moins de 3% des abonnés dans le monde), cette porte d'accès au haut-débit sur mobile continue de susciter l'appétit des opérateurs et des équipementiers.

"Le grand sujet du congrès sera le multimédia mobile et surtout la vidéo sur mobile, qui va connaître un véritable boom en 2006, notamment à cause de la Coupe du monde de football", prédit Michelle de Lussanet, analyste mobile et télécoms du cabinet d'études Forrester.

Selon une étude de Strategy Analytics, le nombre de téléphones équipés en vidéo devrait passer de 65 millions en 2004 à 712 millions en 2008.

Si les équipementiers comme Nokia ou Motorola prévoient de lancer une foule de modèles dans ce créneau à l'occasion du 3GSM, cela restera pour l'instant "de la science-fiction" pour la plupart des utilisateurs, selon un spécialiste.

Il en est ainsi de la technologie DVBH, idéale pour regarder la télévision en direct sur son mobile, mais dont le développement commercial sera balbutiant en 2006. Même chose pour la 3G+ ou HSDPA, version optimisée de la 3G, disponible au plus tôt fin 2006 en France pour les professionnels et courant 2007 pour les particuliers.

Le mobile comme appareil multi-fonction, à la frontière entre musique, télévision et internet: la perspective fait rêver les professionnels. Un sommet consacré au divertissement sur mobile, réunissant notamment Disney ou MTV, sera organisé sur le site du congrès de mardi à jeudi.

Fabricants de logiciels, comme Microsoft ou Symbian, éditeurs de contenus pour mobiles, spécialistes de la photo comme Kodak et fabricants de cartes à puces seront aussi présents à Barcelone.

Les utilisateurs, eux, seront peut-être moins enthousiastes: "pour la plupart des gens, le mobile reste simplement un appareil pour téléphoner, ils ne sont pas encore habitués aux services multimédia", note Mme de Lussanet, qui prédit un "lent développement" de ces services.

Si ces nouvelles technologies permettent de créer de la valeur ajoutée pour la téléphonie mobile, donc d'améliorer le revenu moyen par utilisateur, c'est aussi pour compenser le fait que de plus en plus de marchés arrivent à saturation.

"On est aujourd'hui à environ 100% de taux de pénétration en Europe", indique Frédéric Pujol, responsable du service mobile à l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe (Idate).

Le congrès se penchera donc sur ces nouveaux marchés, comme la Chine ou les pays émergents, où le mobile compense de piètres infrastructures de téléphonie fixe.

"Il s'agit de viser spécifiquement les pays en développement et de donner accès au mobile à des populations à revenu très faible", notamment avec des mobiles moins chers, explique M. Pujol. Le bilan de la première étude sur l'impact du mobile en Afrique, au Moyen-Orient et dans les pays du Golfe sera présenté mercredi.

La Chine, plus gros marché avec ses 363 millions d'abonnés (mais un taux de pénétration de seulement 28%), sera aussi un grand acteur de ce congrès, avec la présence, entre autres, du PDG de China Mobile Wang Jianzhou et du deuxième équipementier télécoms chinois, ZTE

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La téléphonie mobile de troisième génération (ou 3G), dont les principaux acteurs se retrouvent jusqu'au 16 février au congrès 3GSM à Barcelone, recouvre une série d'acronymes aussi mystérieuses que la technologie est en évolution permanente.

La téléphonie dite de troisième génération marque une rupture par rapport à la précédente. Du côté des opérateurs, elle nécessite des investissements majeurs puisque, outre l'achat d'une licence auprès de l'Etat, il leur faut déployer de nouveaux réseaux. Quant aux abonnés, qui doivent se munir de nouveaux téléphones portables, ils ont accès à des services bien plus gourmands en bande passante comme la télévision sur mobile, la visio-conférence ou l'accès Internet haut débit.

En Europe, la principale norme 3G utilisée est l'UMTS (Universal Mobile Telecommunications System), basée sur la technologie WCDMA (Wideband Code Division Multiple Access).

Les débits théoriques - 384 kilobits/s en flux montant, de l'abonné vers le réseau, et de 2 mégabits/s en flux descendant, du réseau vers l'abonné - permettent par exemple à un abonné de recevoir la télévision (descendant) mais lui rende plus difficile l'envoi d'un fichier photo (montant).

Après moult difficultés, certains opérateurs européens se sont lancés en 2004 dans la 3G, comme l'ont fait en France, SFR et Orange. Le troisième opérateur, Bouygues Telecom, peu convaincu de l'actuel UMTS/WCDMA, commencera plus tard en 2007 en adoptant le HSDPA (High Speed Downlink Package Access).

Cette évolution de l'UMTS/WCDMA apporte une amélioration dans le flux descendant, qui atteint un débit théorique de 14 megabits/s.

A Barcelone, les opérateurs vont déjà évoquer l'après-HSDPA, le HSUPA (High Speed Uplink Packet Acess) qui permettra également des débits supérieurs, mais cette fois de l'abonné vers le réseau, avec la possibilité pour le client d'envoyer des pièces (photos, fichiers) beaucoup plus lourdes.

L'UMTS, poussé par les Européens, n'a pas fait l'unanimité. Les Etats-Unis et la Chine ont mis au point leur propre norme. Les Américains ont concocté la CDMA2000 et les Chinois la TD-SCDMA.

La non-compatibilité entre ces différentes normes n'est pas encore un problème pour les opérateurs. Les clients 3G représentent moins de 3% du marché, soit un peu plus de 50 millions sur plus de 2 milliards d'abonnés à la téléphonie mobile dans le monde, selon les estimations de l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe (Idate).

Pour le cabinet Forrester, la 3G ne devrait devenir la technologie dominante qu'à la fin de la décennie, avec 60% d'Européens qui possèderont un mobile 3G.

Le téléphone GSM et ses évolutions ultérieures a donc encore de beaux jours devant lui. Lancé au début des années 90, le GSM (Global System for Mobile communication) malgré des débits équivalents à celui du fax (9,6 kbp/s), bouleverse la vie quotidienne.

En 2001, la norme GPRS (General Packet Radio System) a permis des débits supérieurs (20 à 30 kbps). Cette évolution du GSM, souvent baptisée 2,5G, rend déjà possible une navigation sur Internet et l'envoi de MMS, par exemple.

Enfin, dernière étape avant la 3G, l'EDGE (Enhanced Data GSM Environment) avec un débit théorique de 384 kilobits/s, a ouvert la porte aux applications multimédias, comme le téléchargement de vidéo.

via : wanadoo.fr

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