Une histoire qui fait réfléchir...(Par PIERRE CLÉROUX)
À la dernière minute, je me suis dépêché de me rendre au magasin à rayons
pour faire mes emplettes de Noël. Quand j'ai vu tout le monde qu'il y avait,
je me suis mise à maugréer. Je vais passer un temps Interminable ici et j'ai
encore tant de choses à faire. Noël commence vraiment à devenir une corvée.
Ce serait tellement bien de me coucher et de me réveiller seulement après...
Mais je me suis fais un chemin jusqu'au département des jouets et là, j'ai
commencé a maugréer contre le prix des jouets en me demandant si les enfants
joueraient vraiment avec.
Je me suis retrouvée dans l'allée des jouets. Du coin de l'oeil, j'ai
remarqué un petit bonhomme d'environ 5 ans qui tenait une jolie petite
poupée contre lui... Il n'arrêtait pas de lui caresser les cheveux et de
la serrer doucement contre lui.
Je me demandais à qui était destinée la poupée. Puis le petit garçon
se retourna vers la dame près de lui:
" Ma tante, es-tu certaine que je n'ai pas assez de sous? "
La dame lui répondit avec un peu d'impatience:
" Tu le sais que tu n'as pas assez de sous pour l'acheter ".
Puis sa tante lui demanda de rester là et de l'attendre quelques minutes.
Puis elle partit rapidement.
Le petit garçon tenait toujours la poupée dans ses mains.
Finalement, je me suis dirigée vers lui et lui ai demandé à qui il voulait
donner la poupée. " C'est la poupée que ma petite soeur désirait plus que
tout pour Noël. Elle était sûre que le Père Noël la lui apporterait "
Je lui dis alors qu'il allait peut-être lui apporter. Il me répondit
tristement: " Non, le Père Noël ne peut pas aller là où ma petite soeur
se trouve maintenant... Il faut que je donne la poupée à ma maman pour
qu'elle lui apporte ".
Il avait les yeux tellement tristes en disant cela. " Elle est partie
rejoindre Jésus. Papa dit que maman va aller retrouver Jésus bientôt elle
aussi alors j'ai pensé qu'elle pourrait prendre la poupée avec elle et la
donner à ma petite soeur "
Mon coeur s'est presque arrêté de battre. Le petit garçon a levé les yeux
vers moi et m'a dit: " J'ai dit à papa de dire à maman de ne pas partir tout
de suite. Je lui ai demandé d'attendre que je revienne du magasin "
Puis il m'a montré une photo de lui prise dans le magasin sur laquelle
il tenait la poupée en me disant: " Je veux que maman apporte aussi cette
photo avec elle, comme ça, elle ne m'oubliera pas. J'aime ma maman et
j'aimerais qu'elle ne me quitte pas mais papa dit qu'il faut qu'elle aille
avec ma petite soeur "
Puis il baissa la tête et resta silencieux. Je fouillai dans mon sac à
mains, sortis une liasse de billets et demandai au petit garçon:
" Et si on recomptait tes sous une dernière fois pour être sûrs? "
" OK " dit-il " Il faut que j'en aie assez ".
Je glissai mon argent avec le sien et nous avons commencé à compter. Il
y en avait amplement pour la poupée et même plus. Doucement, le petit garçon
murmura: " Merci Jésus pour m'avoir donné assez de sous "
Puis il me regarda et dit: " J'avais demandé à Jésus de s'arranger pour que
j'aie assez de sous pour acheter cette poupée afin que ma maman puisse
l'apporter à ma soeur. Il a entendu ma prière. Je voulais aussi avoir assez
de sous pour acheter une rose blanche à ma maman mais je n'osais pas lui
demander. Mais il m'a donné assez de sous pour acheter la poupée et la rose
blanche. Vous savez, ma maman aime tellement les roses blanches... "
Quelques minutes plus tard, sa tante revint et je m'éloignai en poussant
mon panier.
Je terminai mon magasinage dans un état d'esprit complètement différent de
celui dans lequel je l'avais commencé. Je n'arrivais pas à oublier le petit
garçon. Puis, je me suis rappelée un article paru dans le journal quelques
jours auparavant qui parlait d'un conducteur en état d'ivresse qui avait
frappé une voiture dans laquelle se trouvait une jeune femme et sa fille. La
petite fille était morte sur le coup et la mère gravement blessée.
La famille devait décider s'ils allaient la faire débrancher du respirateur.
Est-ce que c'était la famille de ce petit garçon?
Deux jours plus tard, je lus dans le journal que la jeune femme était morte.
Je ne pus m'empêcher d'aller acheter un bouquet de roses blanches et me
rendre au salon mortuaire ou était exposée la jeune dame.
Elle était là, tenant une jolie rose blanche dans sa main, avec la poupée et
la photo du petit garçon dans le magasin. J'ai quitté le salon en pleurant
sentant que ma vie changerait pour toujours.
L'amour que ce petit garçon éprouvait pour sa maman et sa soeur était
tellement grand, tellement incroyable.
Et en une fraction de seconde, un conducteur ivre lui a tout enlevé...