
Les récentes annonces de téléphones Wi-Fi/cellulaires pourraient chambouler le marché de la téléphonie mobile.
Pour ne pas être pris par surprise, certains opérateurs prennent les devants.
Objectif : retourner la demande à leur avantage.
Pour ne pas être pris par surprise, certains opérateurs prennent les devants.
Objectif : retourner la demande à leur avantage.
La VoWi-Fi ou voix sur Wi-Fi ne se pose pas seulement aujourd'hui en substitution de la téléphonie fixe ou de la téléphonie DECT. Elle constitue aussi une sérieuse menace pour la téléphonie mobile. Selon le cabinet Ovum, 30 à 40 % des appels sur mobiles en Europe de l'Ouest seraient émis dans des zones où pourrait être installé un accès Wi-Fi. Un exemple : on peut aujourd'hui traverser Paris de long en large en trouvant toujours un réseau Wi-Fi ouvert sur son chemin pour se connecter à Internet. Ajoutez un logiciel de voix à votre terminal et, via Internet, vous êtes en mesure d'appeler à tout moment pratiquement qui vous voulez à n'importe quel endroit de la planète pour un coût égal à… zéro ou pour une poignée de centimes..
Le terminal central
C'est pourquoi Skype cherche à conclure des partenariats avec des fabricants de mobiles pour intégrer le logiciel dans le téléphone, à l'instar de l'accord passé avec iMate. Vonage, le pionnier américain de la VoIP, a lancé sa première offre commerciale en avril dernier pour un marché de masse incluant notamment un téléphone Wi-Fi de nouvelle génération à 100 dollars. La société offre le téléphone à ses 400 000 abonnés qui s'acquittent d'un forfait mensuel de 25 dollars pour des communications locales et longue distance illimitées.
NTT DoCoMo adopte le VoWi-Fi
La concurrence asiatique est telle que Motorola, Nokia et HP lancent des téléphones dual. Pour Jean-Noël Patillon, responsable du laboratoire européen Accès Radio de Motorola, « les mobiles intégreront communément le Wi-Fi tout comme aujourd'hui ils sont dotés d'une fonction appareil photo. Tous les fabricants de mobiles vont lancer des appareils à la norme UMA qui permet l'interopérabilité entre le Wi-Fi et le cellulaire. Et en 2006, le marché sera mûr ». Résultat, tous les opérateurs cellulaires travaillent sur la question. Y aller, c'est risquer la cannibalisation. Ne pas y aller, c'est la garantie de perdre à terme des clients sur la voix. Comme à son habitude, NTT DoCoMo, l'opérateur japonais pionnier mondial de la 3G, donne le ton. Il a lancé avec Nec un téléphone hybride (le N900iL, basé sur Linux) et un service permettant de téléphoner indifféremment en VoWi-Fi et sur son réseau cellulaire de 3e génération. Et puisque le Wi-Fi devient un canal incontournable pour transporter notamment les données audiovisuelles, autant l'intégrer à son offre avant que ses concurrents ne le fassent.
Nec N900iL
Les Européens sur la défensive
Les difficultés techniques laissent aujourd'hui la plupart des opérateurs européens sur leur réserve. La contre attaque se met malgré tout en place. La première réponse des opérateurs à la voix sur Wi-Fi ne peut être qu'une fin de non-recevoir : bloquer techniquement l'accès VoWi-Fi sur leurs téléphones tant que ce marché reste embryonnaire. La deuxième réponse consiste au contraire à épouser la voix sur Wi-Fi : fédérer ce marché pour mieux le contrôler, tant au niveau des constructeurs de téléphones que des utilisateurs, et intégrer ainsi le service VoWi-Fi dans des forfaits. Cette stratégie n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle qui les a conduits à chevaucher la vague des hotspots commerciaux. La voix sur Wi-Fi n'est sans doute pas en mesure de redessiner l'industrie du mobile à court terme, mais le ver est dans le fruit.
01/01/05 - Oracom © Bouygues Telecom
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