
Utilisation de mobiles à l'étranger : Bruxelles interpellée sur les tarifs
L'Autorité française de régulation des télécoms, l'Arcep, a interpellé jeudi la Commission de Bruxelles pour la mise en place d'une régulation européenne à propos des tarifs de "roaming" (usage du mobile à l'étranger) "particulièrement élevés" pratiqués par les opérateurs européens.
Dans un communiqué publié jeudi soir, l'Arcep fait trois propositions pour remédier à cette situation "d'oligopole sans concurrence". L'Autorité propose notamment que la Commission examine ces pratiques au regard du droit communautaire sur les ententes.
L'Arcep est l'un des premiers régulateurs européens à se prononcer sur ce dossier. La Commission européenne a pour le moment engagé des procédures à l'encontre d'opérateurs en Allemagne et au Royaume-Uni et a mis en place un site destiné à informer les consommateurs à utiliser leur téléphone portable à des conditions plus avantageuses à l’étranger.
"L'Arcep constate que les prix de détail pratiqués pour l'usage du mobile à l'étranger sont particulièrement élevés" en raison d'un défaut de concurrence entre opérateurs sur le marché de gros. Selon les estimations de l'Autorité, les tarifs sont trois à quatre fois supérieurs aux coûts de production.
"En dépit de l'augmentation des usages, ces prix de gros se sont maintenus globalement à leur niveau de 2000", époque à laquelle la technique n'incitait pas à la concurrence, note l'Autorité.
Depuis 2003, "l'avènement de techniques efficaces a permis qu'une concurrence puisse s'exercer entre opérateurs sur le marché de gros" mais, souligne en substance l'Autorité, ces techniques ont été détournées de leur objectif.
L'Arcep qui lance à cette occasion une consultation publique sur ce thème souhaite une régulation au niveau européen. Soulignant l'interdépendance européenne du marché du roaming (itinérance internationale), l'Autorité affirme que toute intervention sur ce marché "doit être coordonnée au niveau de l'Union, ce qui suppose une implication forte de la Commission Européenne".
Proposant "trois voies d'action", l'Arcep souhaite qualifier cette "situation d'oligopole sans concurrence" de "puissance conjointe".
L'Autorité souligne par ailleurs que le marché de gros a été largement structuré par la GSM Association "dont les MVNO (opérateurs mobiles virtuels) sont notamment exclus" et relève "la constitution d'exclusivités d'achat croisées au sein d'alliances". De ce fait, "il pourrait paraître opportun que la Commission examine ces pratiques" au regard du droit communautaire sur les ententes.
Dernière hypothèse, l'Arcep suggère une régulation directe par le législateur communautaire, à l'instar de celle prise en matière de prestations bancaires transfrontalières.
source : journaldunet.com