Les échos de la rencontreSi la présence du Brésil à ce stade de la compétition ne faisait aucun doute, celle du Ghana est une agréable surprise. Armée de quelques vedettes, comme Appiah (Fenerbahce), Muntari (Udinese) et surtout Essien (Chelsea), qui font les beaux jours de grands clubs européens, la sélection ghanéenne sera le dernier représentant de toute l’Afrique. Les Black Stars de Ratomir Dujkovic, dont la statue devrait prochainement orner la place publique d’Accra, ont déjoué les pronostics en s’extirpant d’une poule où se trouvait quand même la République tchèque, demi-finaliste du dernier Euro portugais et les Etats-Unis, présents dans le Top 8 mondial en Asie en 2002. Epinglé en ouverture par de réalistes Transalpins (0-2), le Ghana a ensuite enclenché la seconde. S’appuyant sur une rugueuse défense et sur son trident de récupérateurs, il ne partira évidement pas favori face aux Brésiliens, mais pas en victime expiatoire non plus. Malheureusement, le Serbe sera privé de son arme fatale Michael Essien suspendu pour cette affiche, mais pourra compter en revanche sur son attaquant Gyan, très mobile sur le front de l’attaque depuis l’ouverture de cette joute allemande, et qui était lui suspendu face aux Boys de Bruce Arena.
Pour ce match qui s’annonce prolifique tant les deux équipes sont portées vers l’offensive, Carlos Alberto Parreira pourra, lui, compter sur l’ensemble de son effectif et sur un Ronaldo retrouvé, à l’image de son équipe. Après un premier match mi-figue mi-raisin face à la Croatie (1-0), les Brésiliens ont en effet remis les pendules à l’heure face à l’Australie (2-0), puis surtout face au Japon (4-1). A cette occasion, le Merengue a réalisé le doublé, lui permettant de rejoindre le «Bomber» Gerd Müller en tête du classement des meilleurs canonniers de l’histoire du Mondial avec 14 réalisations. Mais c’est toute la formation auriverde qui s’est réveillée lors de ce match face au Pays du Soleil Levant, alors que Carlos Alberto Parreira avait laissé plusieurs de ses cadres au repos. Le Brésil partira grandissime favori face au petit poucet africain, mais les partenaires de Ronaldinho ont tout intérêt à ne pas sous-estimer cette équipe.
Présentation du stade et de l’arbitreCinquième match de la compétition dans l’antre du Borussia Dortmund, le Westfahlenstadion,
après le soporifique Trinité-et-Tobago-Suède (0-0), l’épique Allemagne-Pologne (1-0) et les prolifiques Togo-Suisse (0-2) et Brésil-Japon (4-1). La Seleçao évoluera donc pour la deuxième fois dans cette arène moderne du football, dont la fameuse tribune sud est la fierté de toute une ville, voire de tout le pays. En novembre 2001, il a été décidé de l’agrandir pour porter la capacité à environ 66 000 places assises. Sa rénovation fut terminée à l’été 2003 pour 40 millions d’euros.
La composition probable des équipesBrésil : Dida - Cafu, Lucio, Juan Roberto Carlos - Emerson, Zé Roberto, Ronaldinho, Kaka - Adriano, Ronaldo
Ghana: Kingston - Pantsil, Mensah, Iliasu, Pappoe - E.Addo, Appiah (cap.), Muntari, Dramani - Gyan, Amoah
Ils ont dit...Après la rencontre face aux Etats-Unis (2-1), le capitaine et habituel régulateur de Fenerbahce Stephen Appiah se réjouissait d’affronter l’ogre brésilien, sans pour autant craindre la déculottée, affichant au contraire une certaine sérénité : «Nous nous réjouissons à l’idée de rencontrer le Brésil, ce sera un match intéressant. Nous n’avons pas peur. Cette équipe est capable de grandes choses/» Le Rennais John Mensah pense même réaliser la surprise : « Nous espérons à présent battre le Brésil. Nous sommes bien déterminés à créer l’exploit.» Sulley Muntari est lui conscient que l’absence de Michael Essien devrait être préjudiciable : «Dommage que Michael Essien ne joue pas ce match, il va vraiment nous manquer.»
Carlos Alberto Parreira était pour sa part évidement ravi de la prestation de ses joueurs après la démonstration face aux Nippons, mais se régalait à l’idée d’affronter le Ghana, un pays où il a débuté sa carrière d’entraineur en 1967 : «Le Ghana possède une bonne équipe. Ses joueurs sont rapides et dangereux, c'est une puissance du football africain. Cela fait longtemps que ce pays mérite sa place en Coupe du Monde. La plupart d'entre vous n'étiez pas encore nés lorsque j'étais entraîneur là-bas.».
Les titres de la presseTrès critique envers Ronaldo et ses quelques kilos superflus depuis le début de cette Coupe du Monde, la presse brésilienne a changé son fusil d’épaule après son doublé face aux troupes de son compatriote Zico. O Globo, la référence sportive dans le pays du ballon rond, salue même l’artiste pour avoir rejoint Gerd Müller en tête du classement des meilleurs canonniers de l’histoire du Mondial avec 14 réalisations.
Du côté africain, la presse ghanéenne salue évidemment la qualification historique des hommes de Ratomir Dujkovic pour les huitièmes de finale. Cet exploit fait la une des journaux à l’instar de Ghana Today, qui titre «Ghana goes wild with joy» (Le Ghana devient comme fou de joie). La presse ghanéenne souhaite même que l’ancien sélectionneur du Venezuela et du Rwanda signe un contrat à vie avec le quadruple vainqueur de la CAN (1963-1968-1978-1982).
Historique des confrontationsLes deux sélections se sont affrontées à une reprise par le passé. C’était il y a dix ans, à Rieto Preto au Brésil et la Seleçao avait alors étrillé les Black Stars de l’ancienne vedette de Leeds United, Anthony Yeboah (8-2).
Source: Le Figaro