A 17 jours de la Coupe du monde, l'avenir de quelques Tricolores reste encore bien flou. Entre velléités de départ et opportunités énormes, tour d'horizon des Bleus.
En marge du stage préparatoire à la phase finale de la Coupe du monde, certains joueurs de l'équipe de France s'interrogent. Non pas sur leur chance d'être dans les bons papiers de Raymond Domenech au soir du 13 juin pour le match contre la Suisse, mais sur leur avenir plus lointain, celui d'août. A cette date, l'heure de la rentrée aura sonné en club et nombreux sont ceux qui auront changé de tunique.
A l'image de ces prédécesseurs, Raymond Domenech a réclamé aux joueurs de prendre leurs responsabilités et de s'éviter des nuits blanches. L'esprit libéré dans un corps sain, le vrai mot d'ordre d'un sélectionneur qui sait que les moindres détails comptent. A ce jour pourtant, quelques joueurs n'ont pas ou pu définir les contours de leur avenir sportif.
Si Sylvain Wiltord a éteint le feu des relances marseillaises en prolongeant de deux ans à Lyon, d'autres pensionnaires du groupe France s'interrogent. A commencer par Fabien Barthez, partant de Marseille et qui cherche un dernier challenge avant de ranger ses crampons. En France, Toulouse et Baup le réclament mais l'Angleterre aurait ses faveurs, même si La Corogne s'intéresse à son cas.
Chimbonda affole la Premier LeaguePour Pascal Chimbonda, tout ce qui vient est un pur bonheur. Une sélection inattendue, un titre de meilleur latéral droit en Premier League et les demandes affluent. Tottenham a déjà trouvé un accord avec le joueur pour un contrat de 4 ans, Marseille a aussi relancé le joueur ces derniers jours. Reste à trouver avec Wigan un terrain d'entente pour le libérer. William Gallas n'a pas le même souci. Les plus grands clubs lui font la cour et Chelsea a déjà compris tout son intérêt de le vendre à un an de la fin de son contrat. Une première offre de 6 millions d'euros du Milan AC n'a pas convaincu, mais nul doute que les vice-champions d'Italie n'en resteront pas là.
Jean-Alain Boumsong attend aussi. Si son arrivée à Newcastle avait engendré beaucoup de commentaires élogieux, le physique défenseur central a connu une deuxième partie de saison délicate. Lyon, qui avait pensé dans un premier temps à Squillaci, songe évidemment à l'opportunité de récupérer un tel élément.
Quid des trois Turinois?Pour les milieux de terrain, si la cause Zidane est entendue tout comme celle de Malouda qui restera lyonnais, tous les autres joueurs sont susceptibles de changer d'air. Vikash Dhorasoo, plutôt décevant cette année, intéresse deux clubs espagnols (Betis, Atletico Madrid). Sa volonté semble pourtant de vouloir rester au PSG afin de s'imposer enfin comme un maillon essentiel du dispositif Lacombe.
Mais le cas qui fait évidemment le plus jasé, c'est celui de Franck Ribéry. Une ascension fulgurante qui entraîne logiquement des offres alléchantes. Des 22 millions d'euros de Tottenham en passant par les 20 millions du Real Madrid ou bien encore le montage (Govou, Reveillère + argent) imaginé par l'OL pour l'extirper de Marseille, toutes les supputations sont bonnes. Son agent, Bruno Heiderscheid, ne ferme aucune porte. Surtout avec une Coupe du monde aussi proche...
Reste enfin trois joueurs dont le sort est lié à celui de leur club. David Trézéguet, Patrick Vieira et Lilian Thuram attendent d'en savoir plus pour savoir si leur avenir est toujours à la Juventus Turin. Le doyen des trois a bien des touches avec Arsenal et Manchester United. Tout comme Patrick Vieira qu'une rumeur persistante annonce en Espagne dans un club fraîchement couronné champion d'Europe. Le cas de l'attaquant français est moins épineux. Buteur d'exception, Chelsea, Lyon, Real Madrid, Arsenal ont déjà posé des jalons sur le joueur.
Avant que l'été ne soit très chaud, les portables risquent de crépiter sur les hauteurs de Tignes. Raymond Domenech n'a pas fini de se faire des cheveux blancs.
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Tout se déroule bien à Tignes pour l'Equipe de France qui s'est entraînée ce matin dans la bonne humeur notamment par un tournoi de tennis-ballon et qui pourrait passer cette nuit à 3000 mètres dans un restaurant d'altitude si la météo le permet.
Les 23 joueurs de l'équipe de France de football ont commencé leur journée de mardi par une séance d'entraînement à 2100 m d'altitude. Pendant plus d'une heure et demie, les Bleus ont effectué un footing et un échauffement en groupe avant de réaliser des ateliers physiques par séquences (sauts, corde à sauter, sprints...) sous les ordres de Robert Duverne, le préparateur physique de Lyon (L1). Sous un temps plutôt frais et des nuages hauts, la séance s'est ensuite poursuivie par un long tournoi de tennis-ballon dans la bonne humeur, pendant près d'une heure.
Thierry Henry, qui a joué la finale de la Ligue des champions avec Arsenal mercredi, s'est contenté de trottiner, d'abord avec le groupe puis en tandem avec Pierre Mankowski, l'adjoint du sélectionneur Raymond Domenech. La veille, il était resté aux soins, comme Zinédine Zidane.Les gardiens de but se sont entraînés à part, avec Bruno Martini et Fabrice Grange, nouveau venu dans l'encadrement des Bleus, chargé de la préparation des gardiens. Grégory Coupet a aussi joué au tennis-ballon.
A 12h15, les Bleus se sont éclipsés en signant des autographes aux quelques dizaines de supporteurs présents. En fin d'après-midi, l'équipe de France et son encadrement doivent normalement monter sur le glacier de la Grande-Motte, à Tignes, par le funiculaire -exceptionnellement ouvert pour elle- afin de passer la nuit dans un restaurant d'altitude, à 3000 m, et faire une marche en altitude mercredi matin. La réalisation de ce programme était toutefois suspendue aux conditions météorologiques, souvent changeantes en cette saison.
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Pour Aimé Jacquet, l'équipe de France entre dans une phase "très importante" à Tignes pour préparer le Mondial. Le sélectionneur de 1998 explique également l'importance du premier match des Bleus contre la Suisse, racontant cette "peur de manquer le rendez-vous". Interview !
AIME JACQUET, parlez-nous du premier match, de son importance pour la suite ?A.J. : C'est le plus dur. Je peux vous garantir que ce coup d'envoi du premier match, vous y avez pensé tout le temps. Il est sans cesse dans votre esprit pendant la préparation, lorsque vous êtes à l'entraînement, lors des derniers matches amicaux. C'est le match le plus déterminant. Quand on reparle de 1998, le match où j'ai eu le plus de frissons, c'est à Marseille (contre l'Afrique du Sud). La tension, c'était terrible ! Je peux vous dire que je n'avais pas beaucoup dormi la veille.
C'est la peur ?A.J. : La peur de manquer le rendez-vous, oui. Vous gagnez, vous avez la porte grande ouverte. Vous faites match nul, elle est entr'ouverte. Vous perdez, la porte est fermée. Et après, pour la rouvrir, attention !
A quel niveau est-ce fermé ?A.J. : Tout ! C'est fermé. Bonjour les dégâts pour le sélectionneur. Et les questions: qui va jouer le deuxième match ? Cela c'est terrible. Nous, au deuxième match (contre l'Arabie saoudite), on bascule, et au troisième, tout le monde joue. C'était un risque énorme que j'ai pris à Lyon (troisième match contre le Danemark), mais on a su ce jour-là qu'on irait loin. Si vous perdez le premier, c'est plus pareil... Le premier match est toujours déterminant. Même quand j'étais au grand Bordeaux (1980-89), mon souci c'était de gagner le premier match. Quand je le gagnais en Championnat avec Bordeaux, je respirais. C'est que les nouveaux s'étaient bien intégrés et c'était reparti. Si vous aviez un accroc, les problèmes commençaient parce que l'effectif était grand.
Evoquons les adversaires des Bleus. Votre avis sur la Suisse ?A.J. : Un très gros morceau et, surtout, c'est le premier match. Même si ça déplaît à certains, nous sommes en danger. Comme le Brésil, sur le premier match, est en danger. Les Suisses ont une très belle équipe. Ce match va déterminer notre parcours.
La Corée du Sud ?A.J. : Ce sera une équipe dure à manoeuvrer mais qui n'a peut-être plus les possibilités qu'elle avait lors de la Coupe du monde chez elle ni peut-être le mental et la conviction qu'elle a manifestés en 2002. Mais cela va être une équipe difficile à manoeuvrer sur le plan physique et athlétique.
Et enfin le Togo ?A.J. : Le troisième match sera en fonction de tout ce qui se sera passé avant. Mais c'est généralement un match qui est plus logique du point de vue de la hiérarchie.
Un pronostic pour les Bleus ?A.J. : On sera dans le dernier carré.
Zidane a récemment évoqué l'esprit de 1998. Quel était-il ?A.J. : On avait fait en sorte de n'oublier personne. Offert à tout le monde la possibilité de jouer, de s'exprimer. Cela a été un travail de deux ans, pas le travail d'un mois. On a surtout fait comprendre que l'important, c'est l'équipe. Ce n'est pas l'équipe de 11, c'est l'équipe totale. C'est pour ça qu'on a très bien fonctionné.
Un conseil à Raymond Domenech ?A.J. : Moi, je n'interviens jamais. Ce sont ses choix. Mais je lui ai dit de bien se préparer, qu'il allait peu dormir. C'est tout ce que je lui ai dit: qu'il se repose bien avant, psychologiquement et physiquement. Parce que c'est très très dur. Pendant la compétition, c'est terrible ! On ne dort pratiquement pas. On surveille tout. Il n'y a que vous qui décidez.
Le fait que Raymond Domenech va aussi avoir à gérer beaucoup de trentenaires constitue-t-il un autre problème à tenir en compte ?A.J. : Ce n'est pas gênant. Moi, j'aime bien les trentenaires. Ils sont faciles à gérer. Ils ont de la bouteille. Ce sont les plus faciles à manager, parce qu'ils se connaissent bien et ils savent bien se gérer.
L'équipe de France va disputer trois matches de préparation d'ici son entrée en lice contre la Suisse le 13 juin. A quoi doivent-ils servir ?A.J. : Ca, c'est très important pour Raymond Domenech, même si, à mon avis, il lui manque un petit match. C'est très important pour l'implication des joueurs. C'est le moment où on oublie son club. On fait le deuil de son club pour se consacrer et se polariser totalement sur l'équipe de France. Il n'y a que le maillot bleu qui existe. C'est ce que j'appelle l'identification.
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Après Ludovic Giuly,
Nicolas Anelka a exprimé son incompréhension de ne pas avoir été retenu en équipe de France par Raymond Domenech. "Comme d'habitude, je n'ai pas été jugé sur mes qualités sportives", estime l'attaquant de Fenerbahçe qui rate pour la troisième fois une participation au Mondial.
Une sélection réserve toujours son lot de déçus et de mécontents. Mais, cette fois, les recalés du Mondial n'ont pas été particulièrement tendres avec Raymond Domenech. Après la quasi-indifférence de Johan Micoud ("Il n'y a pas trop de surprises"), Ludovic Giuly a attendu d'être sacré champion d'Europe pour déballer son sac. "Être champion d'Europe et ne pas aller en Allemagne... c'est unique au monde une histoire pareille", avoue le Barcelonais dans L'Equipe.
"J'ai rempli tous les critères de sélection que Raymond Domenech a expliqués récemment à la télévision. Je m'y suis reconnu. Il fallait de l'expérience, accepter d'être sur le banc des remplaçants, jouer dans un grand club, répondre présent dans les grands matches, ne pas faire la gueule... J'ai fait tout cela à Barcelone. Alors, soit je n'ai pas compris, soit Domenech doit changer son discours", dénonce le grand oublié de la liste des 23.
"Tant pis pour lui..."Non retenu chez les Bleus depuis France - Chypre (4-0) en octobre 2005, l'ancien Monégasque, qui avait qualifiée d' "injuste" cette non-sélection, a par ailleurs révélé qu'il ne faisait même pas partie de la fameuse short liste de joueurs auxquels Domenech a demandé de se tenir prêt. Et Ludovic Giuly en a pris acte. "S'il y a un blessé, tant pis pour lui. Je ne suis pas une m... Je méritais plus de respect. Apparemment, je n'entre même pas dans la liste des 30, ni des 40... (...) Donc lundi matin, je pars en vacances. Cela fait cinq ans que je n'ai pas pris de vacances. Je vais en profiter", a-t-il lancé.
Dans le Journal du dimanche, Nicolas Anelka a lui aussi exprimé son amertume. Car l'ancien Parisien pensait faire le voyage en Allemagne. "J'espérais participer à l'aventure puisque le sélectionneur m'avait rappelé pour les trois derniers matches. Mais bon, comme je n'avais pas de nouvelles ces derniers jours..." , concède-t-il. Après 1998 et 2002, Anelka verra donc une nouvelle fois le train bleu partir sans lui, Domenech ayant préféré retenir Louis Saha et Djibril Cissé pour épauler le duo Henry-Trezeguet. Trois occasions manquées avec autant de sélectionneurs.
"Rappelé pour que je me déchire""J'ai l'impression que Domenech m'a rappelé en équipe de France aux Antilles juste pour que je me déchire, explique Anelka. Malheureusement pour lui, j'ai marqué. A croire que, dès le début, il avait décidé de ne pas me prendre. Mon profil polyvalent en attaquant aurait pu aider. Je pense mériter ma place. Si c'était pour en arriver là, pourquoi me faire venir ? Comme d'habitude, je n'ai pas été jugé sur mes qualités sportives". Comme Pires et Giuly, il n'est même pas réserviste. "Je ne regarderai pas le Mondial", jure-t-il. Pourtant, "j'aime toujours ce maillot", continue-t-il d'affirmer. Peut-être reverra-t-on donc Nicolas Anelka sous le maillot tricolore... mais ce ne sera pas sous Domenech.