Devenu l'un des tauliers des Bleus du haut de ses 37 sélections, Willy Sagnol annonce la couleur: l'équipe de France se rend en Allemagne pour gagner la Coupe du monde. Le défenseur latéral du Bayern Munich, qui disputera le Mondial dans son "deuxième pays", souhaite briller de l'autre côté du Rhin.WILLY SAGNOL, avez-vous l'impression que la France partira avec un statut d'outsider en Allemagne ?W.S. : Je ne sais pas avec quel statut on part en Allemagne. Nous, on ne s'enflamme pas, on ne se met pas de pression. Après, c'est le travail des observateurs de dire si l'équipe de France est favorite ou si elle fait partie des improbables au niveau de la victoire finale. On a juste des objectifs en commun. Tout le monde a vraiment envie d'aller très loin. Dans le foot, ça peut pencher d'un côté comme de l'autre mais j'espère que ça basculera de notre côté cette année. On part pour gagner.
L'état d'esprit du groupe est-il radicalement différent de 2004 ?W.S. : Pas forcément radicalement différent de 2004 mais radicalement différent de 2002, c'est certain. Aujourd'hui, on a l'avantage d'avoir beaucoup de joueurs qui n'ont rien gagné ou rien prouvé au niveau international. Leur motivation est donc énorme est l'ambiance s'en ressent. Mais en 2002, on était encore dans la foulée des succès de 1998 et 2000. Ça avait pris une ampleur qui avait été mal maîtrisée. Depuis, le soufflé est retombé et, au niveau de la sérénité du groupe, ce n'est pas plus mal.
L'arrivée de nouveaux joueurs comme Ribéry ou Chimbonda est-elle bénéfique à l'ambiance du groupe ?W.S. : Ils amènent un plus au niveau de la fraicheur mentale. Ils découvrent, ils sont excités même si ça n'est pas forcement le bon terme. En tout cas, ils sont heureux d'être là et veulent en profiter au maximum. Sur le terrain ou en dehors, ils se donnent à fond avec une grosse envie. Tout le monde profitera de ce genre d'attitude. Pour certains, ce sera leur dernière Coupe du monde. Pour d'autres, ce sera peut-être aussi leur dernière même s'ils ne le savent pas encore. On a tous intérêt à ce que ça passe le mieux possible.
Comme Raymond Domenech, estimez-vous que le premier match face à la Suisse sera primordial ?W.S. : Lors de l'Euro 2004, on avait gagné contre l'équipe la plus forte du groupe au premier match. (contre l'Angleterre, 2-1) mais on s'était fait battre en quart de finale par les Grecs. Le premier match peut mettre de la confiance mais peut aussi installer des doutes, même en cas de victoire. Donc c'est sûr que c'est toujours mieux de commencer une compétition par une victoire mais une défaite ne signifierait pas une élimination de la Coupe du monde. Il faudra être présent à chaque match.
Jouer la Coupe du monde en Allemagne, où vous évoluez avec le Bayern Munich, est-ce une pression supplémentaire ?W.S. : Non, ça ne met pas une pression supplémentaire, ça me donne une motivation supplémentaire. En 1998 (en France), j'étais malheureusement un peu jeune. Je n'avais vraiment pas le niveau pour jouer en équipe de France. Aujourd'hui, j'ai la chance de faire la Coupe du monde dans mon deuxième pays... C'est vraiment excitant et motivant. Si l'équipe de France se fait sortir au premier tour, je vais en entendre parler pendant des mois et des mois. Mais si on va au bout, j'en tirerai les bénéfices pendant longtemps.
Avez-vous conscience de prendre de plus en plus d'importance au sein de l'équipe de France ?W.S. : Oui... mais c'est dans la logique des choses. Plus on passe de temps avec les autres joueurs, plus on prend du poids. Ça fait six ans que je suis là donc j'ai une façon de voir et de faire les choses qui est peut-être différente de celle que j'avais en arrivant en équipe de France. C'est normal en quelque sorte.
Bixente Lizarazu vous a-t-il influencé au niveau de l'implication ?W.S. : Oui et non. C'est une question de caractère. Vouloir s'impliquer, c'est une question de personnalité. Donc, sur ce point, il ne m'a pas trop fait évoluer. Par contre, il m'a fait progresser sur beaucoup de domaines, notamment le professionnalisme. Si j'en suis là, c'est d'abord grâce à moi. Mais il y a quelques personnes qui ont compté dans ma carrière et qui m'ont aidé. Bixente en fait bien sûr partie.