Des centaines de milliers utilisateurs de téléphone portable avec cartes à prépaiement ne se sont pas encore annoncés auprès de leur opérateur. Les personnes concernées ont jusqu'à la fin du mois pour le faire, sous peine de voir leur ligne coupée.
Les utilisateurs d'appareils à carte SIM, achetées après le 1er novembre 2002, qui ne se sont pas encore identifiés auprès de Swisscom reçoivent depuis lundi un message préenregistré les enjoignant à s'inscrire. L'opérateur avait déjà rappelé l'exigence légale à plusieurs reprises, par le biais de messages SMS.
Ces messages n'arrivent que rarement à leurs destinataires: les cartes à prépaiement sont en effet souvent utilisées par des personnes faisant un usage restrictif de leurs téléphones. Dans certains cas, leurs appareils restent débranchés durant des mois. Anonymes, ces clients n'ont pas accès à l'information diffusée dans les courriers de l'entreprise.
Le délai pour s'annoncer auprès de l'opérateur idoine échoit dans deux semaines. La moitié des 500 000 utilisateurs de cartes à prépaiement de Swisscom ne sont pourtant pas encore enregistrés, a précisé Sepp Huber, le porte-parole de l'opérateur.
Décidée en juin par le Conseil fédéral, l'obligation de fournir son identité à l'achat d'une carte SIM vise à lutter contre la criminalité et le terrorisme. Les opérateurs sont tenus de conserver les traces des communications durant deux ans, et doivent, le cas échéant, les transmettre aux autorités pénales.
La mesure décidée par le Conseil fédéral suscite de nombreuses interrogations. Son efficacité est ainsi mise en doute par des représentants de la justice. Selon eux, l'obligation de s'identifier est facile à contourner par le recours à des hommes de paille ou par l'achat d'une carte à l'étranger.
sources : Lematin.ch