Voici un article Reuters :
CITATION
Le summum de la malbouffe et du mauvais goût : les concours de « bouffe » aux USA.
Absolument écoeurant, ca existe depuis toujours aux Etats-Unis mais depuis quelques années c’est littéralement l’explosion : les concours de « bouffe ».
Concours du « plus gros mangeur de hot-dog » ou simple concours « du plus rapide mangeur de pastéque » c’est la frénésie extrême à l’américaine. Et on touche le fond quand on apprend qu’une très sérieuse chaîne sportive ESPN retransmettra en direct le « championnat des championnats » des mangeurs de hot-dogs ! Réunissant des compétiteurs du monde entier, sponsorisé par une chaine de fast-food spécialisée dans le hot-dog (Nathan’s Famous) ce sera a celui qui engloutira le plus de hot-dog en un temps limité.
Le record mondial est détenu par le Japonais Takeru Kobayashi, 25 ans, surnommé "tsunami" (le raz-de-marée), qui tentera de décrocher une quatrième victoire consécutive au tournoi new-yorkais, où il a établi un record en 2002 en avalant en 12 minutes 50 hot-dogs et demi, saucisse et pain compris. Pourtant avec ses 69,8 kilos, ce jeune homme n’a rien d’un sumotori, ce qui n’est pas forcément le cas de tous les compétiteurs. Et voilà comment une fois de plus on donne une mauvaise image des personnes fortes...
Il existe même une fédération internationale présidée par Rich Shea, (International Federation of Competitive Eating, ou Ifoce) qui présente "le phénomène" : Mme Thomas, cette gérante d'un fast-food, qui ne pèse que 47 kilos, a battu un record du monde en ingurgitant 65 oeufs durs en six minutes et 40 secondes... Bonjour le cholesterol et l’état du foie de cette brave dame.
Le phénoméne a pris une ampleur inattendue quand en 1993 Nathan's a organisé un concours de hot-dogs au Japon. Les Japonais ont alors commencé à venir se mesurer aux Américains chez eux à New York. Dés 1997, les concours explosent aux Etats-Unis, ne se limitant plus au seul tournoi de New-Yorkais de Coney Island, et s’étendant à toutes sortes d’aliments : écrevisses, huîtres, maïs, crêpes, mayonnaise, langue de boeuf, hamburger, tartes, glace, etc.
En 2003, l'Ifoce a organisé plus d’une quarantaine d'épreuves et mise sur plus de 70 cette année. Sponsorisée par des magasins de beignets, des chaînes de hamburgers et des distributeurs de corned-beef, cette fédération a sous contrat 350 "mangeurs professionnels", qui participent régulièrement aux compétitions. Les candidats sont de tous horizons, de physiques différents et malheureusement de plus en plus jeunes; le "competitive eating" a ses stars et le systéme créé des vocations.
Quoiqu’il en soit, ces concours ne plaisent pas à tous. Ses détracteurs en font le symbole de tous les défauts de l'Amérique: l'obésité, la surconsommation, l'exhibitionnisme ou encore l'excès. "C'est la chute de Rome, mon cher", se lamente l'historienne spécialiste de l'alimentation Barbara Haber. "C'est incroyablement décadent, un gâchis."
Malheureusement la retransmission par ESPN du concours de Nathan's semble légitimer ce "sport". "Nous espérons que cela nous aidera à inscrire notre discipline aux Jeux Olympiques", déclare même sans rire David Baer, directeur de l'expansion mondiale de l'Ifoce.
La "grande mal-bouffe" aux JO ? Prions pour que cela n'arrive jamais et surtout que l’on ne voit pas poindre chez nous les concours du « plus gros mangeur d’escargots ». "La nutrition et la santé sont corrompues par ce que je considère être une compétition grotesque", souligne l'historienne Barbara Haber.