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Version complète : Nanotechnologies : notre futur
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olive14
Où en seront les nanotechnologies dans 7, 12 ou 20 ans ? La communauté scientifique estime qu'en 2013 il sera possible de manipuler l'intérieur de cellules sans les altérer et de remplacer les expérimentations sur les animaux par des tests in vitro, que les laboratoires sur des puces et l'autoassemblage de molécules, sans l'intervention d'une source extérieure, seront généralisés, et que des puces utilisant sur des biomolécules, de l'ADN et des peptides (petite protéine résultant d'une traduction génétique), seront commercialisées, ainsi que des médicaments (ou dopants) reposant sur des nanoparticules.

Ces mêmes scientifiques estiment aussi qu'en 2018, il devrait être possible de fabriquer des organes humains artificiels in vitro, d'intégrer des “dispositifs d'autoréparation” (self-repairing abilities en VO) dans des systèmes artificiels, que les puces à base de protéines seront largement utilisées par le grand public. En 2025, selon les experts, des nanomachines permettant le diagnostic, mais aussi des thérapies, pourront être envoyées dans nos corps.

Nanotube vu au microscope


LES APPLICATIONS

L'ÉLECTRONIQUE
Le premier secteur auquel profitera et profite déjà la nanotechnologie est le secteur de l'électronique ,en particulier celui des mémoires de masse et des microprocesseurs avec la miniaturisation des transistors.
-MINIATURISATION DES TRANSISTORS
Aujourd’hui le nouveau record de miniaturisation a été battu avec une longueur de 18 nm . 100 fois plus petit que le plus petit des transistors actuels ,on pourrait en ranger plus de 7 milliards sur une pièce de 1 franc. On estime que ce transistor est proche de la limite physique possible.
- CD-ROM
En multipliant les tête de lecture on pourrait placer sur une pièce de 5 centimes l'équivalent de 30 CD-ROM.
Le plastique est le meilleur titulaire pour porter les informations du futur nano-CD (transparent !).


LA MEDECINE
La recherche actuelle met au point des aides au diagnostique et des traitements avec des instruments inférieurs à la taille d'une cellule et moins agressif. Exemple: la petite pipette du monde constituée d'un nanotube de 15 nm de largeur. De plus un globule rouge a un diamètre de 7.5 µm, un dispositif de 100 NM pourrait explorer sans encombre le système circulatoire et même pénétrer au sein des cellules.
Les nanoexploreurs sauront prélever de minuscules échantillons de tissus , les fixer chimiquement pour bloquer les changements dans les tissus. Après extraction par filtrage du support sanguin, communication des informations emmagasinées et prélèvement d'échantillons pour analyse (d'où progrès vers des processus complexes du vivant)
-LABORATOIRES DE POCHES
Le projet de certains scientifiques est de réduire la taille d'un laboratoire actuel à celle d'un sucre. Ce projet porte le nom de " lab-on-chip " (le laboratoire sur puce), ce laboratoire sera capable d'évaluer un taux de cholestérol, de reconnaître une séquence d'ADN, d'analyser une biopsie, etc...Pour cela il suffira de déposer une goutte de sang qui sera aspirée et divisée en plusieurs gouttelettes. Ces gouttelettes seront acheminées par des canaux ( d'environ 50 nanomètres ) jusqu'à des chambres de réaction où un réactif sera présent. Le produit de cette réaction sera analysé in situ par des capteurs ou récupéré à a sortie.


DEFENSES AEROSPATIALES
Les militaires s'enflamment pour cette nouvelle technologie et pensent déjà l'utiliser à grande échelle.
-LES MICRODRONES
La DARPA (l'agence Américaine de recherche militaire) réalise actuellement une nouvelle classe de drones appelés M.A.V. (Micro Air Vehicules) .Ces drones inspirés de la morphologie des oiseaux n'auraient qu'une envergure de 15 cm et un poids de 50 grammes, soit pas plus gros qu'un moineau.

-LES NANOADHESIFS
La nanobande
Il s'agit d'un film fin (de quelques atomes d'épaisseur) et de plusieurs mètres de long.Il possède les même propriétés qu'un lubrifiant ,c'est à dire un coté hydrophile (qui attire l'eau )et un coté hydrophobe (qui repousse l'eau).Mais contrairement aux autres lubrifiants ,il est quasi indétectable.
En outre, il est également un adhésif puissant et très difficile à enlever : on pourrait ainsi rendre inutilisable une route ou une piste d'atterrissage sans la bombarder ni la détruire.
La nanocolle
Il s'agirait d'un puissant adhésif capable de paralyser les rouages de n'importe quel moteur.Il aurait comme immense avantage de pouvoir se propager grâce a la faible quantité d'eau présente dans l'air.L'attaque prendrait alors la forme d'un nuage empêchant tout les moteur qu'il rencontre de tourner.

D'autres applications dans beaucoup de domaines sont possibles, la nanatechnologie ne fait que commencer et nul doute qu'elle fera partie de notre quotidien dans les années à venir, la révolution est en marche ! wink.gif
LOULOU54
w00t.gif Excellent olive14, j'ai lu avec grand interet tout cela et j'en arrive à cette conclusion thumbup.gif
Je trouve que la science et les progrés technologiques qui en découlent sont des plus énorme pour nos sociétés. Cette formidable évolution (explosion) technologique que nous connaissons depuis surtout 1 siécle nous facilite la vie, améliore notre quotidien et nous permet de vivre plus longtemps....
A la vitesse à laquelle cette technologie se développe je ne serais absolument pas étonné de voir tout cela ce concrétiser dans les années à venir. Plus la technologie avance, plus celle-ci se développe rapidement. Je me souviens il y moins de 10 ans ( pour parler mobile smile.gif ) il était impensable d'envisager toute cette technologie actuelle chose que nous avons tendance à oublier.....alors je dis pourquoi pas?!
Alfred
Grenoble: clinique expérimentale utilisant les nanotechnologies

"Clinatec", clinique expérimentale utilisant les nanotechnologies, notamment pour les opérations du cerveau, sera créée dans les trois ans à Grenoble, a annoncé lundi le directeur du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de Grenoble, Jean Therme.Cette clinique expérimentale sera créée à l'initiative du professeur Alim-Louis Benabib, chirurgien exerçant à Grenoble, mondialement connu pour ses opérations sur le cerveau de patients souffrant de maladies dégénératives, comme la maladie de Parkinson.

"L'idée est de faire un centre expérimental qui traiterait une moyenne d'un patient par mois, et dont l'activité serait suivie par un comité d'éthique", a précisé M. Therme au cours d'une conférence de presse.

Il a précisé que les effectifs du CEA de Grenoble, qui forme l'épine dorsale de Minatec, unique pôle européen de micro et nanotechnologies, étaient en constante progression. Ils atteignaient 2.340 salariés, dont 2.000 chercheurs, fin 2006. Cent cinquante personnes supplémentaires devraient être recrutées en 2007, a-t-il dit.

Minatec, inauguré en juin, concentre sur 8 hectares la recherche, l'enseignement et le développement industriel de composants électroniques dont la taille varie entre un millième (microtechnologies) et un milliardième de mètre (nanotechnologies). 4.000 personnes (ingénieurs, chercheurs et étudiants) y sont employées.

via journaldunet.com
PEPSMAN
Entre de mauvaises mains, ces technologies peuvent être absolument terrifiantes de danger pour l'Homme.

Je penses que de nouveaux Frankenstein version 21eme siècle vont user et abuser de ces technologies, au point de faire perdre sa véritable identité à l'Etre humain.

Ceci n'est qu'un scénario catastrophe (au même titre que celui du clônage) mais ces technologies ne sont pas à laisser entre toutes les mains.

Un exemple ici avec Kewin Warwick, un chercheur en cybernétique, que la communauté scientifique a déjà surnommé "Capitaine Cyborg"... Voyez pourquoi.

3liens très interessants:
=>http://www.automatesintelligents.com/labo/...ov/warwick.html
=>(si vous êtes à l'aise avec l'anglais)://http://www.kevinwarwick.com/Cyborg1.html
=>http://www.kevinwarwick.com/Cyborg2.htm (idem)

J'uploaderai sur Daily une vidéo de 10mn montrant mieux ce qu'est devenu cet ex-être-humain

pepsi.gif
Ardwen
Concernant le handicap, de telles technologies sont un véritable espoir!

La nanotechnologie, c'est un progrès absolu, et ses applications, nombreuses, sont loin d'être toutes négatives!

Pour moi, c'est tout bonnement épatant, incontournable, et j'envisage bien les bienfaits que cela apportera à l'avenir... smile.gif
olive14
CITATION(PEPSMAN @ 16/01/2007 - 09:05) [snapback]1166763[/snapback]
Entre de mauvaises mains, ces technologies peuvent être absolument terrifiantes de danger pour l'Homme.

Je penses que de nouveaux Frankenstein version 21eme siècle vont user et abuser de ces technologies, au point de faire perdre sa véritable identité à l'Etre humain.
pepsi.gif


A Pepsman: Je pense que le principal argument en faveur des nanotechnologies, qui explique que leur développement est inéluctable, est qu’elles seules seront à même de résoudre, en les contournant, les difficultés immenses (climat, vieillissement, santé, pollutions, énergie, développement équitable et durable…) auxquelles ont à faire face les sociétés industrielles et post-industrielles, dans leurs dimensions privée et publique. Mais leur viabilité même est assujettie à de multiples incertitudes conceptuelles, physiques, industrielles, économiques et sociétales.

Il ne fait aucun doute que ces nouvelles technologies doivent être testées avec soin avant de les produire sur de grandes échelles. Les scientifiques qui les développent n'ont souvent pas la formation nécessaire pour faire ces tests et tendent à travailler dans des environnements très contrôlés et protégés afin, en général, d'éviter de contaminer leurs échantillons. Le gouvernement doit certainement mettre des normes en place afin d'obliger des tests toxicologiques sur chacun de ces produits ou simplement étendre celles qui devraient l'être lorsqu'on décide d'utiliser tout nouveau produit chimique ou biologique.

Un des points fondamentaux de la maîtrise de la nanotechnologie est donc la création d’une machine de taille moléculaire, capable de se dupliquer elle-même.
Afin de pouvoir fabriquer autre chose que des copies d’elle-même, il est, bien sûr, indispensable qu’elle puisse également fabriquer d’autres structures!
Un des dangers les plus importants de la nanotechnologie est évidemment la possibilité de l’utiliser à des fins guerrières, criminelles ou terroristes. Des fanatiques pourraient fabriquer une nanomachine se reproduisant indéfiniment, sans contrainte, et transformant absolument tout en plus de copies d’elle-même, visant ainsi à la destruction complète de toute vie sur la planète...
En fait, ces dangers sont si grands, que plusieurs personnes, seraient favorables à un arrêt, ou en tout cas un ralentissement des recherches dans le domaine, si cela était possible! Dans le contexte de compétition internationale, cela paraissant totalement illusoire, il reste le choix de se préparer à l’arrivée de cette technologie et des problèmes qu’elle engendrera.

L’arrivée de ces techniques, d’ici dix, vingt ou trente ans bouleversera les moyens de production, ainsi que, je pense, tous les domaines de l’existence humaine.
Comment se fera cette transition? Arriverons-nous à en maîtriser les dangers? C’est bien sûr impossible à dire, mais je pense qu’il est urgent de s’y préparer. excl.gif
Ardwen
[linkperso="280"]http://img227.imageshack.us/img227/6686/nanotubescarboneib5.jpg[/linkperso]

Modélisation d'un nanotube de carbone bi-paroi
crédit : E. Flahaut



Nanotubes de carbone : quelle toxicité pour l'environnement et la santé ?




Des chercheurs du CNRS(1) vont étudier la toxicité des nanotubes de carbone pendant trois ans, dans le cadre d'un projet de l'Agence nationale de la recherche. Trois thématiques seront abordées : le caractère polluant des nanotubes et notamment la toxicité pour la faune ; la toxicité pour l'homme ; la façon de rendre la synthèse des nanotubes plus propre. La thématique "écotoxcicité" n'a encore jamais été abordée, malgré les quantités croissantes de nanotubes employés dans l'industrie.




Qu'est ce qu'un nanotube de carbone ?

Les nanotubes de carbone, découverts en 1991, forment l'un des quatre états organisés connus du carbone sur Terre, avec le graphite, le diamant et les fullerènes (molécules en forme de ballons de football). Ils sont formés d'une ou plusieurs parois concentriques où les atomes de carbone sont organisés en réseaux d'hexagones. Leurs dimensions vont de quelques microns à quelques dizaines de microns de longueur et leur diamètre est inférieur à quelques nanomètres. Ils sont employés dans diverses applications, principalement pour leurs propriétés mécaniques et électriques.


Les nanotubes de carbone envahissent le quotidien

La production mondiale de nanotubes de carbone atteint aujourd'hui plusieurs centaines de tonnes par an : ils sont présents dans les écrans plats, les pneumatiques, l'industrie automobile (Renault et Peugeot expérimentent des nanotubes de carbone en renfort des pièces de carrosserie), les articles de sport (le premier cadre de vélo comportant des nanotubes de carbone concourrait au dernier tour de France)... Cependant, l'étude des effets sur la santé humaine est encore très embryonnaire et leur impact sur l'environnement demeure à ce jour quasiment inexploré.

Quatre laboratoires de recherche, dont deux du CNRS(1), se sont associés pour étudier l'influence des nanotubes de carbone sur l'environnement et la santé humaine dans le cadre d'un projet de recherche de l'Agence nationale de la recherche. Ce projet, qui vient de démarrer, durera trois ans. Il sera doté d'un budget de 300 000 euros et bénéficiera de la participation d'une vingtaine de chercheurs et ingénieurs répartis dans les quatre laboratoires impliqués. Il est coordonné par Emmanuel Flahaut, chercheur CNRS dans l'équipe Nanocomposites et nanotubes de carbone, au CIRIMAT (Centre inter-universitaire de recherche et d'ingénierie des matériaux de Toulouse, CNRS/Université Toulouse 3/INP Toulouse).


Le projet comporte trois volets :

- L'impact environnemental : ce volet est le plus innovant, car la question n'a encore jamais été étudiée. Une fois utilisés, les objets contenant des nanotubes de carbone sont jetés dans des décharges et les nanotubes risquent de polluer l'environnement. Les recherches porteront principalement sur le milieu aquatique, où se concentre la pollution. Les chercheurs vont mettre des amphibiens en contact avec des suspensions de nanotubes, pour étudier leur toxicité aiguë (mortalité, modifications comportementales) et leur génotoxicité (altération du patrimoine génétique). Une thèse est en cours sur ce sujet, montrant de la mortalité (uniquement chez l'une des deux espèces étudiées). Toutefois, les conditions de test devront être redéfinies avant de conclure de façon définitive. Cette thèse fait suite à des études in vitro de cytotoxicité (toxicité cellulaire) en collaboration avec le laboratoire Biomatériaux et réparation tissulaire (INSERM/Université Bordeaux 2). Ces études ont montré la nécessité de faire la part entre la toxicité intrinsèque des nanotubes, en fonction de leurs caractéristiques (dimensions, nombre de parois), et celle des traces de catalyseur métallique qui peuvent rester dans les échantillons.


- La santé humaine : les chercheurs examineront in vitro l'interaction des nanotubes de carbone avec les macrophages humains mais aussi in vivo au niveau pulmonaire chez la souris, en collaboration avec le laboratoire Macrophages, médiateurs de l'inflammation et interactions cellulaires (Université Toulouse 3), pour savoir si l'inhalation de nanotubes provoque des réactions inflammatoires. En mélangeant des nanotubes à du plasma et du sérum humain, E. Flahaut et ses collaborateurs de l'Université d'Oxford(2) ont déjà mis en évidence l'adsorption de certaines protéines sur des nanotubes de carbone : ces derniers pourraient alors être reconnus comme des éléments étrangers et donc provoquer une réaction d'inflammation, mais ce marquage pourrait aussi ouvrir la porte à des applications médicales comme par exemple l'amélioration de l'efficacité des vaccins.


- La synthèse des nanotubes de carbone : les chercheurs étudieront les moyens de la rendre plus « propre » et notamment de réduire les rejets gazeux.

D'autre part, les chercheurs du CIRIMAT travaillent également sur le remplissage des nanotubes de carbone avec des matériaux magnétiques pour le traitement du cancer par thermothérapie. Ces recherches s'inscrivent dans le cadre d'un programme de recherche Marie Curie, avec 8 partenaires de 5 pays européens(3).


Notes

1) Centre inter-universitaire de recherche et d'ingénierie des matériaux de Toulouse (CNRS/Université Toulouse 3/INP Toulouse), équipe Nanocomposites et nanotubes de carbones, et Laboratoire d'écologie des hydrosystèmes (CNRS/Université Toulouse 3), en collaboration avec le laboratoire Biomatériaux et réparation tissulaire (INSERM/Université Bordeaux 2) et le laboratoire Macrophages, médiateurs de l'inflammation et interactions cellulaires (Université Toulouse 3)
2) Immunochemistry Unit, Department de Biochimie, Université d'Oxford
3) Projet Carbio (www.carbio.eu), avec la participation d'équipes en Allemagne, Autriche, France, Grande-Bretagne, Pays-bas, Pologne.


En savoir plus

Site du Groupement de recherche sur les nanotubes du CNRS (dans lequel l'un des thèmes prioritaires est la toxicité)


Auteur : Centre National de la Recherche Scientifique





Alfred
Formidable vecteur de progrès à venir, mais ....

Le préfixe nano peut prêter à confusion, selon qu'il désigne la dimension à laquelle se déroulent des interventions scientifiques d'un nouveau type (nanotechnologies) ou le degré de profondeur d'analyse auquel on étudie un phénomène. Ainsi, lorsqu'on parle de recherche sur la toxicité des nanoparticules, on ne désigne pas un danger causé spécifiquement par les nanotechnologies – cela peut cependant l'être – mais les mécanismes en cause si on analyse la spécificité des effets toxiques de toutes espèces de particules (tant d'origine anthropique que naturelle) à l'échelle nano. Un domaine nouveau, que l'on commence seulement à explorer.


Technicien et robot en production d'oligonucléotides.
© P. Stroppa, CEA

"Ce n'est pas parce qu'il y a actuellement une effervescence autour des nanosciences que nous nous intéressons à la toxicité des nanoparticules", rappelle avec force Ken Donaldson, directeur scientifique du Centre de recherche sur les inflammations de l'université d'Edimbourg (Ecosse). Pour ce toxicologue, pilier de la British Association for Lung Research, l'intérêt scientifique pour les risques de l'exposition à des nanoparticules tient surtout à deux raisons.

La première est la prise de conscience des dangers de la pollution liée aux transports qui cause, selon l'OMS, 80 000 décès anticipés chaque année en Europe. Or, il est à présent clair que les polluants habituellement étudiés (ozone, oxyde d'azote ou de soufre, etc.) ne suffisent pas à rendre compte de cette mortalité et que les particules en suspension de petite taille – les PM10 (1) – libérées en particulier par les moteurs diesel, jouent également un rôle.

La seconde est le gigantesque échec que fut, pour les toxicologues, l'incapacité à prévenir la contamination passée de dizaines de milliers de personnes par l'amiante. Là encore, ce sont les particules d'amiante en suspension, de quelques micromètres de longueur, qui sont responsables de ces nuisances. Or, plus les particules sont de petite taille, plus elles pénètrent profondément dans l'appareil respiratoire. Si des microparticules comme celles de la pollution atmosphérique ou de l'amiante présentent de tels dangers pour la santé, il y a donc de bonnes raisons de se méfier a priori des particules mille fois plus petites.

Risque = danger x exposition

Les toxicologues ne partent pas de rien pour se lancer dans l'exploration de la toxicité des nanoparticules. Ils disposent en particulier d'un cadre conceptuel résumé par l'équation : risque = danger x exposition. Le danger est une caractéristique intrinsèque d'une substance, tandis que l'exposition varie en fonction des comportements. Comme le résume plaisamment Ken Donaldson, "le danger de l'utilisation d'une tronçonneuse est de se couper, mais le risque est très différent selon qu'un forestier l'utilise avec ses équipements de protection ou pour faire un numéro de jonglage!"

Dans la pratique, ces deux grandeurs clés sont difficiles à mesurer. Le danger dépend de la nature de la nanoparticule, de sa taille et de sa surface active, de l'individu qui l'absorbe, de l'organe étudié, et il est souvent différent selon que l'exposition est unique ou régulière. Quant à l'exposition, elle doit souvent être reconstituée a posteriori, avec tous les aléas que suppose cette opération.


Analyse ADN par réaction en chaîne de la polymérase (PCR).
© P. Stroppa, CEA

La toxicité effective

La toxicologie des nanoparticules est encore largement une terra incognita pour la bonne raison que l'on ignore tout, ou presque, des deux facteurs de l'équation risque. Pour pouvoir mesurer le danger, il faut en effet savoir quelle pathologie étudier : le mésothéliome dans le cas de l'amiante, la silicose dans le cas des particules de charbon, l'asthme dans le cas de la fameuse famille des poussières aériennes PM10. Mais on ignore aujourd'hui quelles peuvent être les autres pathologies causées par les nanoparticules qui dépendraient – du moins si elles existent – de leur nature chimique.

Conséquence de cette incapacité à évaluer le danger: nous ne pouvons pas estimer l'exposition. Celle-ci doit en effet être exprimée dans une unité de mesure qui reflète ce que les spécialistes appellent la "toxicité effective", à savoir la principale composante de la toxicité. Pour les PM10, c'est la masse et on les quantifie donc en microgramme/m3; pour l'amiante, ce sont les fibres, et l'unité de mesure est le nombre de fibre par m3.

Et pour les nanoparticules ? Impossible à dire pour le moment. Le seul point d'accord entre chercheurs est que leur surface doit être prise en compte. Pour des raisons trivialement géométriques, mille particules de 100 nanomètres de rayon ont une surface bien supérieure à une particule de 1 micromètre de rayon, d'où une démultiplication de possibilités de contact avec les tissus biologiques. Parvenir à un consensus sur l'unité de mesure est donc urgent car, comme le rappelle Rob Aitken de l'Institute of Occupational Medicine de l'université d'Edimbourg, "les rares données dont nous disposons actuellement pour une mesure de la toxicité des nanoparticules ne sont pas comparables entre elles car elles ne sont pas exprimées dans les mêmes unités".

Ingérer, toucher, inhaler

Pour pouvoir déterminer les deux variables clés des nanoparticules – danger et exposition –, les toxicologues n'ont donc pas d'autre solution que d'en revenir à la physiologie pour déterminer le trajet de celles-ci dans l'organisme. Théoriquement, trois voies d'accès au milieu intérieur sont possibles : par ingestion, à travers la muqueuse intestinale ; par simple contact, à travers la peau ; ou par inhalation, conduisant soit dans le sang, au niveau des alvéoles pulmonaires, soit directement dans le cerveau via les neurones de la muqueuse olfactive.

Seule l'existence de cette dernière voie de pénétration est aujourd'hui bien établie. Comme le rappelle Günter Oberdörster, de l'université de Rochester (Etats-Unis) et pionnier du domaine, "on sait depuis 1941 qu'un virus de la poliomyélite, qui ne mesure pas plus de 30 nanomètres, administré à un chimpanzé par inhalation parvient à son cerveau à une vitesse de 2,4 millimètres/heure, en remontant les fibres des neurones olfactifs".

Cette observation a été maintes fois reproduite, au point d'être utilisée comme méthode d'étude des connexions de neurones olfactifs. Les travaux de Oberdöster ont aussi montré que des nanoparticules pouvaient suivre cette voie pour atteindre rapidement les centres cérébraux supérieurs : cortex, thalamus et cervelet. Quelles sont les conséquences de leur présence? "Nos résultats préliminaires, chez des volontaires sains, montrent que l'inhalation de nanoparticules émises par la combustion du diesel change le rythme de l'électro-encéphalogramme", explique Paul Borm, du Centre for Expert Assessment in Life Science de An Herlen (Pays-Bas). Et à plus long terme? "C'est une des questions à résoudre dans les prochaines années, en étudiant en particulier la possibilité de phénomène de neurodégénérescence", reconnaît Günter Oberdöster.

L'absorption au niveau des poumons ou de l'intestin suit, quant à elle, des mécanismes beaucoup moins connus. La seule certitude est que l'exposition à certaines nanoparticules peut causer des problèmes cardiaques chez l'animal. Pour certains, c'est parce que les cellules de l'épithélium pulmonaire sont capables d'absorber ces nanoparticules et de les transporter jusque dans la circulation sanguine, d'où elles se répandront dans tout l'organisme, dont le cœur. Pour d'autres, il s'agit d'un effet indirect lié à l'inflammation de la muqueuse pulmonaire par le contact avec les nanoparticules. Encore moins bien connue est la possibilité d'absorption à travers la peau. Le projet européen NANOderm a été un des premiers a aborder cette question, en étudiant, in vivo et in vitro, sur des cultures de peaux humaine et porcine, le passage de nanoparticules d'oxyde de titane à travers la peau.

Ces recherches ne sont pas sans enjeu économique : ces particules sont d'un usage courant dans l'industrie cosmétique et entrent dans la composition de plusieurs crèmes solaires. A l'issue de deux années de recherche, le coordinateur du projet, Tilman Butz, de l'université de Leipzig (Allemagne), est plutôt rassurant : "Les nanoparticules d'oxyde de titane restent cantonnées aux couches superficielles de l'épiderme et ne pénètrent quasiment jamais jusqu'au derme, sauf le long des cellules folliculaires qui génèrent les poils." Les recherches du consortium NANOderm doivent cependant se poursuivre pour savoir si la peau malade (brûlure, psoriasis, etc.) joue aussi efficacement son rôle de barrière.

(1) PM10 désigne les poussières fines en suspension d'un diamètre aérodynamique inférieur à 10 micromètres. Constituées de polluants primaires aussi bien que secondaires, d'origine naturelle ou anthropique (suie, matières géologiques, poussières d'abrasion, matières biologiques, etc.), ces poussières ont une composition très variable (métaux lourds, sulfates, nitrates, ammonium, carbone organique, hydrocarbures polycycliques aromatiques, dioxines et furanes).

via ec.europa
Alfred
Les nanosciences au crible de l'éthique

Le Comité consultatif national d'éthique lance un appel à la transparence, ainsi qu'une mise en garde contre des espoirs immodérés.

C'est à un sujet particulièrement complexe, celui des nanosciences, des nanotechnologies et de la santé que s'est attaqué le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) en rendant public son 96e avis. Mais c'est aussi un questionnement nécessaire afin d'aider les citoyens à se situer face à ce déferlement de connaissances nouvelles. Tout en mettant en garde contre une attitude des responsables des principales industries concernées qui privilégient « la performance technologique et la rentabilité commerciale ». Et en réclamant au contraire « plus de science, plus de recherche, plus de questionnement partagé entre la recherche, l'innovation et les applications industrielles et moins de certitude a priori dans les discours mettant en exergue les seuls effets éventuels bénéfiques ».

Car face à ce nanomonde vertigineux, capable de fabriquer des « matériaux » dont la taille, la composition et la forme sont contrôlées à l'échelle du milliardième de mètre, nos contemporains oscillent entre fascination et inquiétude vis-à-vis de la multiplicité de leurs applications possibles, notamment dans le do­maine de la santé : puces à ADN permettant en routine d'identifier une myriade de susceptibilités génétiques à des maladies, implantation chez un patient de biosenseurs multiparamétriques pour le diagnostic, nanocapsules contenant de puissants anticancéreux afin de les amener au plus près de leur cible tumorale et éviter ainsi de redoutables effets secondaires, etc.

Mais le citoyen n'est pas complètement naïf, il a aussi de sérieuses interrogations éthiques face à cette révolution technologique qui fait émerger de l'imprévisible. « Y a-t-il une éthique de l'imprévisible », s'interroge Didier Sicard, le président du CCNE en explicitant cet avis. « Ceci nous oblige à une réflexion afin de ne pas être aveuglé par des promesses diagnostiques ou thérapeutiques. Car l'éthique est là pour que la société ait la possibilité de poser des questions impertinentes. »

Le Comité s'inquiète tout particulièrement de la question du partage des connaissances, entravé par les enjeux économiques qui empêchent la libre circulation d'informations importantes concernant les nanosciences. Il plaide pour une plus grande transparence scientifique dans ce domaine.

Il souligne aussi l'urgence à développer des instruments de mesure en nanométrologie pour concevoir et multiplier les instruments qui permettront de détecter et d'identifier ces nanoparticules « invisibles ». Il insiste également sur la nécessité de lancer des recherches pluridisciplinaires (avec des biologistes, des toxicologues, des environnementalistes, des épidémiolo­gistes) afin de pouvoir tester les conséquences sur l'environnement et sur la santé de ces nanoparticules et en tenant compte de leur cycle de vie complet.

Évaluation des risques

Mais jusqu'ici, au niveau mondial, si dix milliards de dollars ont été consacrés à la recherche et au développement dans les « nanos » pour l'année 2005, 40 millions seulement l'ont été à l'évaluation des risques. C'est dire le peu d'intérêt pour ce type de problématique.

Le CCNE plaide pour la mise en place d'une directive européenne semblable à celle de REACH qui porte sur la toxicité environnementale des produits chimiques. Il insiste aussi sur la nécessité d'une recherche chez l'animal, « une urgence absolue »
.

S'inquiétant de « l'intrusion souterraine de nanoparticules », le CCNE estime aussi qu'il « faut obliger les industriels à une information et un étiquetage visible des produits contenant de tels produits ».

Et Claude Burlet, représentant de la Conférence des présidents d'université, l'un des rapporteurs de l'avis, propose que « l'Institut de veille sanitaire donne les instructions nécessaires pour permettre aux médecins du travail de se préoccuper de la santé des travailleurs au contact de ces nanomatériaux ».

L'avis ­re­commande également qu'« à titre de précaution les femmes enceintes devraient être exclues de ces postes ». « Plus généralement, si la société doit faire des choix, il faut se demander quelle est la qualité et la quantité d'informations dont elle dispose », s'interroge le chercheur Jean-Claude Ameisen, président du comité d'é­thique de l'Inserm et rapporteur de l'avis. « Il est donc indispensable de soutenir de façon plus importante la recherche fondamentale. En respectant toute la liberté de cette dernière. »

via lefigaro.fr
Alfred
[IMGdim]http://img125.imageshack.us/img125/9237/cnrsnano2dl8.jpg[/IMGdim]


Observer l'arrangement atomique de la matière, jouer avec les molécules comme avec des Lego ou placer des diodes microscopiques au coeur de cellule pour l'examiner. Voilà quelques-unes des applications ahurissantes des nanotechnologies présentées sur ce site fascinant. Cette science de l'infiniment petit; on nous l'annonce va changer nos vie dans les années à venir. Les concepts exposés ici sont ardus mais expliqués clairement grâce à une batterie d'outils multimédias : films, animations Flash, interviews de chercheurs. Du grand art ! thumbsup.gif

Le site : http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosnano/

Dans le détail directement : http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosnano/divers/planSite.htm
kiki10
Les nanotechnologies : sujet de recherche pour Nokia




L'Université de Cambridge s'associe au Nokia Research Center pour développer une unité de recherche centrée sur les nanotechnologies.

Les technologies de demain se préparent aujourd'hui. Dans le cadre d'un programme commun de recherche à long terme, l'Université de Cambridge vient d'annoncer la formation d'une nouvelle unité de recherche en collaboration avec le Nokia Research Center ( NRC ) pour étudier les potentialités des nanotechnologies.

A cet effet, cette unité collaborera avec plusieurs départements de l'Université de Cambridge, comme le Nanoscience Center et l' Electrical Division of Engineering Department sur une série de projets.

Un effectif de dix chercheurs sera fourni par Nokia, ce chiffre étant amené à évoluer au fil du temps. Le Docteur Bob Iannucci, à la tête du NRC, explique qu'il s'agit de la troisième collaboration organisée avec un organisme de recherche de rang international depuis dix-huit mois.

Créer un cadre scientifique de haut niveau
Cette stratégie permet d'attirer des chercheurs de renommée mondiale sur des problématiques intéressant Nokia et crée une synergie en associant des scientifiques venus d'horizons différents.

Cambridge est reconnue pour ses travaux sur les nanotechnologies concernant la nanoélectronique, les nouveaux matériaux et revêtements ou les nanostructures reprenant des modèles biologiques.

"L'Université de Cambridge et Nokia partagent la même vision de la capacité des nanotechnologies à fournir des produits et applications de valeur. Notre volonté commune d'introduire les nanotechnologies de façon responsable auprès du grand public renforce l'intérêt de cette collaboration", résume le Professeur Mark Welland, directeur de l' Interdisciplinary Research Collaboration pour les nanotechnologies à Cambridge.

source : generation-nt.com
Bianconeri™
Je trouve ca extrémement interressant wink.gif
Mais comme dans toute chose, il y a des bons et mauvais côtés entre autre si de telles technologies tombées entre de mauvaises mains...
Alfred
Des micro-robots vont s'affronter sur un stade de 2.5 millimètres.

La ville américaine d'Atlanta accueille la 11e édition de la RoboCup, équivalent des Jeux Olympiques des robots. Cette année, une nouvelle catégorie est expérimentée, les « NanoSoccer », ou nanofoot. Les règles du jeu sont simples : des micro-robots de moins de 300 micromètres jouent au football sur un terrain de 2.5 mm.
Ci-dessous, la vidéo d'un but marqué par le micro-robot d'une équipe suisse, immortalisé par microscope.

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Ce « Mondial » miniature se déroule en quatre épreuves. Le sprint, durant lequel les robots doivent simplement traverser le terrain d'un but à l'autre le plus vite possible. Le slalom, au cours duquel ils doivent effectuer le même trajet mais en évitant des « défenseurs » statiques. Mais surtout la conduite de balle, l'épreuve reine, durant laquelle les micro-robots ont trois minutes pour pousser dans les buts un maximum de « ballons ». A l'issue de cette compétition, les équipes pourront enfin faire la démonstration de leur savoir-faire en menant des phases de jeu avec plusieurs robots et des chorégraphies appelées « robodances ».





via lefigaro.fr
bossdupad
Moi ca me fait penser à ca et à ca.



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