L'équipementier de telecoms français Alcatel s'est dit confiant dans la finalisation prochaine de son projet de fusion avec son homologue américain Lucent, qui vient d'être examiné à huis-clos par une commission de la Chambre des Représentants.
"Ca nous rend confiant dans le fait de boucler l'opération rapidement", a déclaré Jean-Pascal Beaufret, directeur financier d'Alcatel lors d'une conférence organisée à Barcelone par Morgan Stanley.

Le projet d'acquisition de Lucent par Alcatel a déjà été autorisé par les actionnaires des deux groupes et les autorités de la concurrence aux USA et en Europe. Les deux équipementiers attendent maintenant le feu vert de la Maison blanche en raison des implications de la fusion pour la sécurité nationale.
L'examen du projet est confié au CFIUS, comité américain sur les investissements étrangers, un organisme qui évalue les fusions-acquisitions au regard de la sécurité du pays. Celui-ci remettra ensuite ses conclusions au président George Bush.
Un parlementaire républicain, qui a assisté à une séance à huis-clos d'une commission de la Chambre des Représentants consacrée au projet, a estimé que la fusion serait probablement approuvée définitivement aux États-Unis.
"J'ai le sentiment que la transaction, telle qu'elle est structurée, va être couronnée de succès", a déclaré à des journalistes Jim Saxton, représentant du New Jersey, en sortant de l'audience qui s'est tenue à la Commission des Services armés de la Chambre sur les implications de la fusion pour la sécurité nationale des États-Unis. "Je ne vois rien qui puisse l'arrêter à ce stade", a-t-il ajouté.
Certains parlementaires américains craignent que le projet de fusion de plus de dix milliards de dollars ne présente des risques pour les activités sensibles de Bell Laboratories, aujourd'hui filiale de Lucent.
Bell Laboratories, fondé il y a 80 ans, a effectué des recherches stratégiques pour le gouvernement américain et mené des travaux de pointe sur nombre de nouvelles technologies, telles que le système d'exploitation Unix ou le laser.
Pour apaiser les craintes relatives à la sécurité, Lucent a proposé de créer une entité séparée qui serait gérée par des Américains et qui s'occuperait des contrats sensibles avec le gouvernement.
L'audience de la Commission des Services armés de la Chambre a été convoquée par son président, le représentant républicain de Californie Duncan Hunter, qui s'est inquiété du manque de garde-fous proposés pour les activités de Bell Laboratories.
Après la séance, Hunter a indiqué qu'il restait préoccupé par le projet, sans plus de précisions.
Il a précisé que l'inspection du CFIUS s'était achevée le 6 novembre. Une fois l'avis du comité en main, le président Bush dispose de quinze jours pour approuver ou non la transaction.
Patricia Russo, directrice générale de Lucent, s'est refusé à tout commentaire sur ce sujet.
"Nous attendons avec impatience que la fusion soit bouclée et de pouvoir travailler sur cette base", a déclaré pour sa part Mike Quigley, directeur général adjoint d'Alcatel, à Reuters à sa sortie de l'audience.
Il a ajouté n'avoir "aucune indication, dans un sens ou dans l'autre", lui permettant de dire si le CFIUS recommandera ou non au président Bush d'approuver le projet.
Clay Lowery, secrétaire adjoint au Trésor chargé des Affaires internationales, a souligné de son côté que le CFIUS examinait attentivement les protections dont bénéficient aux États-Unis les infrastructures de télécommunications et les sites de recherche et développement de Bell Laboratories, filiale de Lucent.
"La protection de ces infrastructures et de ces sites de R&D constitue des considérations centrales dans l'examen de cette transaction", a-t-il déclaré dans un communiqué préparé pour l'audience.
"Le CFIUS a mis en place un processus rigoureux, détaillé et exhaustif pour évaluer tous les risques relevant de la sécurité nationale liés à cette transaction", a-t-il ajouté.
Lowery n'a en revanche donné aucune indication sur la décision future du comité.
Source : Reuters.fr
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