Trop cher les SMS
TARIFS La Fondation pour la protection des consommateurs porte plainte contre Swisscom, Sunrise et Orange auprès de la Commission de la concurrence
Les Suisses paient leurs SMS trop cher. C’est la conclusion d’une étude que vient de publier la Fondation pour la protection des consommateurs (FPC). Sur sa lancée, l’association attaque les trois opérateurs suisses de téléphonie mobile. Elle a porté plainte auprès de la Commission de la concurrence (ComCo) contre Swisscom Mobile, Sunrise et Orange. La FPC leur reproche de pratiquer des tarifs SMS trop élevés en profitant d’un «quasi-monopole».
Et l’enjeu est de taille. Pour les trois compagnies, les SMS sont une mine d’or. Il faut savoir que 75% des Suisses possèdent un mobile: sur le seul réseau de Swisscom, 7 millions de SMS sont envoyés par jour.
Et à chaque message, le client paie 20 centimes. Or, selon l’étude de la FPC, le prix de revient pour les opérateurs n’est que de 3 centimes. Ainsi en 2002, avec plus de 3 milliards de SMS échangés, les trois entreprises ont réalisé un bénéfice de 510 millions de francs sur 600 millions perçus.
«Les SMS génèrent un gain exorbitant, déclare Jacqueline Bachman, présidente de la FPC. Au Danemark, un pays comparable au nôtre, les SMS ne coûtent qu’entre 0,05 et 0,06 euro (n. d. l. r.: moins de dix centimes).»
De son côté, Didier Divorne, webmaster du site comparatif www.allo.ch, ne s’étonne pas de la situation. «Les opérateurs suisses ont toujours surtaxé les services de téléphonie mobile, puisqu’il n’y a pas de loi en la matière.»
Pour le spécialiste, Swisscom publie ses tarifs et les autres s’alignent. Il est donc impossible de prouver une quelconque entente. «A part les SMS, il serait intéressant de connaître la marge des opérateurs sur les appels depuis un téléphone mobile. Les consommateurs paient plus pour une minute de communication sur un portable que sur un téléphone fixe. Alors que techniquement, l’appel coûte moins cher!»
«Il faudra attendre au moins une année avant que nous donnions une conclusion», prévient Patrik Ducrey, porte-parole de la ComCo. En décembre 2001, les trois opérateurs avaient déjà été blanchis par la commission. Soupçonnées d’entente illicite sur les tarifs des appels sortants, les compagnies de téléphonie mobile avaient été mises hors de cause par les conclusions de la ComCo.
Sources : Lematin.ch