Toujours la morosité ...
La forte chute des indices américains et européens hier, après le mauvais chiffre des ventes au détail et les déboires de la société de prêt immobilier américain Century Financial, affectent lourdement les places asiatiques ce mercredi. Le Nikkei 225 baisse de 2.92% à 16676.89 points.
Le Dow Jones a chuté mardi de 1.97% à 12075.96 points et le Nasdaq Composite de 2.15% à 2350.57 points. Century Financial, l'une des plus grosses sociétés de prêt immobilier américain, avait annoncé lundi être dans l'incapacité de payer les demandes de tous ses créanciers, si ces derniers l'exigeaient. Mercredi, elle a fait savoir qu'elle était visée par une enquête de l'autorité des marchés financiers américains, la SEC (Securities and Exchange Commission). Hier, le Nyse a suspendu la cotation de l'action de la firme californienne.
Les investisseurs craignent une faillite de Century Financial et, de ce fait, que ses défauts de paiements de crédits s'étendent à l'ensemble des spécialistes des crédits immobiliers à haut risque (subprime). Ceci pourrait à terme compromettre la croissance américaine. Il n'en fallait pas plus pour que des désengagements s'opèrent sur les marchés, déjà très volatils depuis le krach en Chine, il y a de cela deux semaines.
Ceci a eu des répercussions sur les devises. La faiblesse du dollar américain par rapport au yen pénalise ainsi les exportateurs. Au Japon, ces derniers sont dans le rouge. Toyota Motor perd 3.21%, Sony lâche 4.09%, Canon perd 2.69%. Contre tendance, le Nikko Cordial bondit de 13.42%, après le relèvement de 26% de l'offre de Citigroup.
Au final, le <a href="http://marches.lefigaro.fr/indices/ecran.html?ID_NOTATION=324913Nikkei%20225%20%5b/url" target="_blank"> baisse de 2.92% à 16676.89 points et le Topix plie de 2.93% à 1674.94 points.
Sur le plan intérieur, les chiffres de la production industrielle de janvier ont reculé de 1.7% par rapport à décembre, contre un repli de 1.5% annoncé en première estimation.
Sur les autres places asiatiques, le S&P/ASX 20 australien chute de 2.07% à 3031.8 points, le Hang Seng à Hong Kong plie de 2.65% à 18820.22 points. Le Taiwan Weighted chute de 1.48% à 7570.27 points. En Chine, l'indice composite de Shanghai SSEC plie de 1.88% à 2908.163 points.
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L'immobilier cristallise les craintes des marchés
Les marchés sont dans l'angoisse d'une contagion des faillites des établissements de crédit à haut risque. L'économie américaine malade? C'est en tout cas les craintes des marchés mondiaux ces derniers jours. La quasi-faillite de New Century Financial prend désormais une toute autre ampleur aux Etats Unis depuis la parution hier d'une étude des banquiers hypothécaires. D'après eux, les organismes américains auraient lancé plus d'une procédure de déchéance sur 200 dossiers (une première étape avant la saisie d'un bien immobilier). Pour l'association des banquiers immobiliers, ce chiffre est un triste record, inégalé depuis 37 ans. Selon certains analystes, des scénarios mettent en avant plus d'un million de logements saisis cette année aux Etats Unis. Les retards de paiement se sont surtout multipliés au quatrième trimestre 2006 pour atteindre leur plus haut niveau de ces trois dernières années. En effet, le relèvement du marché des loyers a entraîné de nombreux impayés de la part d'acquéreurs de biens immobilers. Logiquement, les établissements de crédit à haut risque (subprime) sont tous proches de la faillite et New Century Financial est lâché par ses principales banques. Ses obligations se portent à plus de 8.4 milliards de dollars et ses engagements dépassent les 51 milliards. Cette société est désormais sous le coup d'une procédure judiciaire, contrôlée par la SEC, l'autorité des marchés américains. Hier, à la clôture, Accredited Home Lenders Holding dévissait de 65.78% à 3.97$. Les investisseurs craignent dorénavant que la chute de ce secteur se propage sur les différents acteurs des marchés. Du coup, la classe politique s'inquiète. Rappelons en effet que la croissance aux Etats Unis avait été tirée ces dernières années par la montée de l'immobilier, malgré un certains ralentissement ces derniers temps.
Les bourses en chute libre Le krach de Shanghai, il y a deux semaines, pourrait passer pour un agréable souvenir. Angelo Mozilo, directeur général d'un groupe de crédit « subprime », Countrywide Financial (-4.70%), a déclaré à la chaîne de télévision CNBC que le marché américain du crédit immobilier « entrait dans une crise de liquidité » et de rappeler qu'il ferait « de plus en plus de dégâts. » Rien qui puisse rassurer les marchés. Tous s'affolent ces derniers jours. La semaine passée pourtant, les bourses mondiales se redressaient des effets du mini krach en Chine. Mais depuis deux jours, elles enchaînent les mauvais résultats. Ce matin, au Japon, le Nikkei baisse de 2.92% à 1 6676.89 points, le Topix, lui, de 2.93% à 1 674.94 points. Le Hang Seng, à Honk Kong, chute de 2.65% et le Taiwan Weighted recule de 1.48%. Hier à Paris, le Cac clôturait à 5 432.94 points en recul de 1.15%. Et
Wall Street signait une de ses plus mauvaises performances. Le Dow Jones terminait la séance en baisse de 1.97%, le Nasdaq chutait lui de 2.15%. Du coté des devises, l'inversion des mouvements de
carry trade a repris, et le
yen progresse de nouveau face au dollar, après une semaine de replis successifs.
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Ce que conseillent les gérants
Peu de gestionnaires ont réussi à se protéger de la correction boursière. BAISSE généralisée ! La crise boursière a fait perdre entre 5 % et 6 % aux sicav et FCP investis en actions européennes. Avant la correction, ils affichaient depuis le début de l'année une hausse de plus de 4 %, selon Europerformance. Juste après la tourmente, ils se retrouvaient dans le rouge, en recul de plus de 1 % depuis le début de l'année. «
Les fonds qui ont le mieux amorti le choc sont des fonds »patrimoniaux*, qui ont pour objectif de préserver le capital. Ils ont en général limité la baisse autour de 3 % », explique Jean-Marie Mercadal, directeur de la multigestion chez Ofivalmo.
Depuis, les marchés sont repassés au vert, ce qui a permis aux gérants de regagner un peu du terrain perdu (les chiffres exacts seront publiés mercredi prochain). Comme les indices boursiers. Le CAC 40, par exemple, est de nouveau très légèrement positif, en hausse de 0,06 % en 2007.
Crainte de nouvelles secoussesMême scénario pour les sicav et FCP investis sur d'autres zones géographiques (lire le tableau ci-contre). «
Tous les marchés ont baissé dans des proportions assez voisines. Les États-Unis ont un peu moins souffert, les pays émergents un peu plus, mais dans l'ensemble, les reculs sont compris entre 5 % et 10 % », analyse Jean-Marie Mercadal.
Rien de dramatique, puisque sicav et FCP actions avaient accumulé de belles progressions en 2006. «
La correction a simplement effacé les trois mois de hausse qui l'avaient précédée. Nous sommes revenus au niveau de novembre dernier », souligne Albert Cobti, chez Ixis PCM. Beaucoup d'investisseurs considèrent donc cette correction comme une opportunité pour entrer à bon prix sur les marchés. La plupart des gérants, eux, sont plus prudents. Ils craignent de nouvelles secousses.
«
Il faut réduire les risques dans les portefeuilles », conseille Jean-Charles Mériaux, directeur général de DNCA Finance. Les petites et moyennes valeurs, notamment, sont en ligne de mire. «
Les premiers jours de la correction, elles ont davantage souffert que les grandes. Ensuite, l'écart s'est réduit », souligne Jean-Marie Mercadal. Mais si de nouvelles turbulences entretenaient les inquiétudes des investisseurs, ils seraient peut-être nombreux à vouloir délaisser ces titres moins liquides. Quitte à faire plonger les cours.
JEAN-CHARLES MÉRIAUX DG de DNCA Finance« En janvier, nous avions redoublé de prudence et porté de 20 % à 25 % les liquidités dans nos portefeuilles. Et il n'est pas question de réinvestir dans les conditions actuelles. Nous craignons des mois difficiles. Il y a trop d'instabilité sur les changes, trop de positions spéculatives sur les marchés. De plus, cette année, on risque de ne plus avoir de bonnes surprises sur les bénéfices. Or, sur le marché, toute déception est sévèrement sanctionnée. Sur les titres, notre stratégie est défensive. Nous privilégions des titres décotés et qui offrent une bonne visibilité, par exemple les valeurs pétrolières, très peu chères malgré des dividendes solides. »
ALBERT COBTI Directeur de la gestion d'Ixis PCM « Entre janvier et mi-février, nous avions ramené les actions de 63 % à 52 % dans nos portefeuilles équilibrés, et pris nos bénéfices sur les marchés émergents. Dès le 26 février, premier jour de la crise, nous avons réduit nos positions sur les actions européennes, notamment sur les petites et moyennes valeurs. Nous avons renforcé le poids des États-Unis, marché refuge en cas de crise (nous couvrons en partie le dollar), et allégé les obligations, trop risquées, que nous remplaçons par des fonds de gestion alternative. Lorsqu'il sera temps de revenir sur les actions, nous commencerons par les marchés émergents. »
JEAN-PAUL MALPUECH DG de la Banque d'Orsay « Fin janvier, nous avions réduit notre exposition aux marchés d'actions, qui progressaient trop vite. Malgré le rebond des derniers jours, nous ne sommes pas pressés de réinvestir. La crise immobilière américaine, ses répercussions sur les banques et la consommation sont inquiétantes. Selon l'analyse graphique, le CAC 40 pourrait très bien retomber à 5 240 points. Mais à moyen terme, nous restons confiants. Les liquidités prêtes à s'investir sur les marchés sont importantes, les valorisations raisonnables et les taux d'intérêt faibles. La FED semble même prête à baisser les siens à la première alerte, ce qui donnerait un coup de fouet aux marchés. »
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Nouvelle baisse ce soir pour le CAC 40 qui recule de 2,52% à 5296.22 points, plombé par un secteur financier très tendu avec des chutes de plus de 3,5% pour Axa, Societe Generale et BNP Paribas à Paris. La tendance est aussi affectée par les mauvaises performances des marchés asiatiques ce matin et les difficultés du secteur des prêts à haut risque aux Etats-Unis.
via lefigaro.fr